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    <title>Last posts on Livres</title>
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            <name>vagant</name>
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        <title>Mon plus secret conseil…</title>
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        <updated>2008-08-15T23:09:51+02:00</updated>
        <published>2008-08-15T23:09:51+02:00</published>
        <summary>    &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ce titre est épatant, n’est-ce pas ? Moi en tous cas,...</summary>
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          &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.amazon.fr/plus-secret-conseil-Valery-Larbaud/dp/2070342875&quot; title=&quot;chez Amazon...&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-235641&quot; src=&quot;http://extravagances.blogspirit.com/media/00/00/99064eb0f6d1fba7e69d0ccd2cf7d9d3.jpg&quot; alt=&quot;Mon plus secret conseil...&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0px 1.4em 0.7em; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-235641&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ce titre est épatant, n’est-ce pas ? Moi en tous cas, c’est épaté que je me suis fait appâter par ce roman de Valéry Larbaud publié aux éditions folio, d’autant plus qu’il ne coûtait que deux petits euros. Le prix d’un café. Je croyais ne faire qu’une gorgée de sa centaine de pages, mais j’ai eu bien du mal à avaler cette prose décousue qui serpente au fil des pensées de Lucas Letheil, jeune héritier prétentieux jusqu’aux prétentions littéraires. Il envisage de quitter sa maîtresse colérique. Il ne sait pas que c’est imminent lorsqu’il s’éloigne de leur résidence Napolitaine au cours de sa promenade matinale, qu’il pousse jusqu’à sauter dans le premier train venu. Larbaud y embarque aussi le pauvre lecteur contraint de passer du Français à l’Italien dans cette aventure intérieure. On ne sait d’ailleurs pas trop si l’auteur parle de lui ou de son anti-héros puisqu’il utilise tantôt « je », tantôt « il » et parfois « nous ». Nous en sommes d’ailleurs là dans cet extrait plus que représentatif puisque c’est, à mon humble avis, la meilleure page :&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;em&gt;On dira que nous sommes bien difficile ; mais c’est que, si nous sommes repu de scènes de ménage et de tempêtes domestiques, nous sommes aussi repu&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;Persano.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;em&gt;d’amour. Onze heure moins dix. On va s’arrêter partout maintenant. La ligne monte. Il n’y a plus que de petites gares jusqu’à Potenza ; pas de voyageurs de première. Et les monts de la Lucanie en vue. Des arrêts de trois secondes ; le temps de dire pronti et partenza. – Oui, repu d’amour, malgré l’insensibilité croissante. Et c’est cela qui retarde la rupture, qui nous fait espérer, contre toute espérance, que la dernière crise sera vraiment la dernière. Nous sommes fidèle, aussi. Voici une bien jolie femme ; sans doute, mais nous avons mieux, ou aussi bien à la maison. Des Challettes, lui, court toujours ; il a une liste de formules d’abordage, pour la rue, le théâtre, la plate-forme du tramway… ; a des cartes de visite, avec cette anticipation : « Avocat à la Cour », qu’il glisse, pliées en quatre, dans les mains des jeunes filles et des jeunes femmes accompagnées. J’ai fait ça, autrefois, par esprit d’imitation, quand je sortais avec… Chose… de Louis-Le-Grand. Nous avions l’air de deux agents matrimoniaux, de deux délégués à l’amour. Les premiers venus offrant leurs services aux premières venues. Quelle fatigue !... Quel ennui !... Pourtant si on m’avait demandé ce que je cherchais pendant mes promenades du matin dans Naples, une fois le contact bien établi avec les aspects intimes de la ville, j’aurais – paresse, peur de paraître compliqué – répondu : des femmes.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Enfin, lorsque ce roman s'achève sur l’assoupissement de Lucas, on comprend que sa vocation était sans doute d’être un livre de chevet.&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Ophélie GREVET-SOUTRA</name>
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        <title>ETUDE...</title>
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        <updated>2008-07-07T23:45:00+02:00</updated>
        <published>2008-07-07T23:45:00+02:00</published>
        <summary>Quel que soit l'angle de vue, je croque, j'opère, je mouline, sans plus...</summary>
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          Quel que soit l'angle de vue, je croque, j'opère, je mouline, sans plus grande conviction et pratiquement à l'aveuglette. Tout va bien... si, si, je vous assure que tout va pour le mieux. Je suis juste tombée à la naissance dans le mauvais chaudron. Et vlan...  un peton dans l'enfer, au premier vagissement. Elle est drôle cette vie...Il y a bien les livres, qui m'ont toujours tenu compagnie, et l'espoir à demi caressé de cette interview-fleuve avec Claude Levi-Strauss, avortée, elle aussi dans l'oeuf.Pour ça, j'aurais dû sonner à sa porte... or, timidité ou sentiment d'incompétence, ont brisé mon élan, lâchement. C'est toujours comme ça... mieux, c'est comme ça depuis 50 ans. Je rêve, et la vie me claque sans cesse la porte au nez. Alors, je ressemble à une bête, un cas social... voui, c'est comme ça qu'il m'appelle.Elle est drôle cette vie...Un exemple... Je n'oublierai jamais Mai 68; j'étais pensionnaire au lycée d'une ville de province. Tous les week-end, je quittais l'établissement, toute heureuse de retrouver un peu de liberté. Un mois ou deux avant les événements, Mao rappela tous ses étudiants. Retour à la case départ, direction la Chine. Pour l'instant, je reprends le fil de mon récit. C'est bizarre, quand-même... Retour à mon moi frileux. Oxydation. Entre le datif et l'accusatif, j'ai la mémoire qui flanche. Tout fout le camp, ma chère! Bref, j'avais 10 ans et j'aimais traîner du côté de la faculté, pour imaginer l'avenir... mon avenir. Quelle prétention... à cet âge-là, mon avenir était déjà tout tracé, écrit en lettres rouges, à barrer, à biffer, à effacer, du livre de l'existence. J'étais morte, sans le savoir, déjà... une morte prématurée. Sauf, le premier samedi avant les débuts de mai 68; ce samedi-là, je rôdais une fois de plus du côté du resto U, quand un vieil homme assis sur une pile de cartons me fit signe d'approcher. Il ressemblait à Moïse avec sa longue barbe blanche, ses yeux brillaient de malice et de compassion aussi.Assez effrontément, je lâchai mon cartable à ses pieds, m'attendant au pire... mais, pas si folle, la guêpe, j'étais prête aussi à mettre les bouts, en cas de grabuge. L'homme ouvrit la bouche et lâcha cette petite phrase: &quot;Tiens, c'est pour toi&quot;, tout en me tendant un livre. J'étais sidérée... mon clochard céleste, lui, semblait bien s'amuser de ma déconvenue. &quot;Tu aimes lire, j'espère? Ce livre, c'est l'histoire de Michel Strogoff. Un livre passionnant, tu verras&quot;. J'ai toujours gardé l'ouvrage de cet homme.C'était la première fois, que je voyais un HOMME, vivre et dormir, dehors. A l'époque, les gens disaient: un clochard... Moi, je me souviens de ses traits bibliques et de son accent un peu étrange. Oui, je m'en souviens. Même, qu'il avait un accent hongrois ou russe, il roulait les R et avalait les mots dans sa barbe blanche. Même, que les étudiants sont venus pour voir les internes danser, aux fenêtres du lycée. Même... qu'on était en chemise de nuit. Des cris, des idées, des pavés, en mai fais ce qu'il te plaît, Mai 68 venait juste de commencer.Que dire de plus? Il est sûrement au Ciel mon donneur de livre... Et quel que soit l'angle de vie, j'ai du pain sur la planche. Ecrire, non...  mourir un peu, juste pour rire. Zut, je récuse toute tentative d'étouffement et de dispersion mentale. Partageons un dernier secret, voulez-vous? Après tout, c'est de saison. L'été, on se dit tout. La vérité sort même toute nue des fontaines. Mon secret: elle n'est pas drôle du tout cette vie. Ophélie Grevet ⓒ
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        <author>
            <name>B</name>
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        <title>Sur le tour de France...</title>
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        <updated>2008-07-02T10:47:35+02:00</updated>
        <published>2008-07-02T10:47:35+02:00</published>
        <summary>  Enfin, Jean-Emmanuel Ducoin nous livre son carnet de bord du tour de...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://kritiks.blogspirit.com/">
          &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-216252&quot; src=&quot;http://kritiks.blogspirit.com/media/01/02/3693aa2dce4478b41a3eb529c8fe9a87.jpg&quot; alt=&quot;6e5e3fc7122867531646e8b6f57c73f4.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-216252&quot; /&gt;Enfin, Jean-Emmanuel Ducoin nous livre son carnet de bord du tour de France. Enfin ! Nous l'attendions au tournant de ces routes vertigineuses, de ces cols franchis, de ces pentes dévalées à grande vitesse. Des années que nous suivons son tour dans les pages de l'Humanité estivale.&amp;nbsp;Les histoires du tour, d'un tour sans détour(s) défilent. Une à une, comme chaque coup de pédale. Parfois nous avons le souffle court, parfois nous sommes en grande forme et avalons les kilomètres de bitume. Les hurlements de la foule, le bruit incessant de cette machine infernale qu'est le vélo en tête.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Quand commence le tour ? Il y a un essouflement certain sur ce sujet... Nous en avons assez d'entendre les histoires de dopage, de voir ces hommes-machines accroître des performances, déjà hier,&amp;nbsp;sur-humaines. Aujourd'hui on frise l'impossible. Et pourtant, il y a toujours ceux qui&amp;nbsp;flanchent, ceux pour&amp;nbsp;lesquels le tour est une impossible boucle. Usure des muscles, des esprits.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Mais le tour de force de Jean-Emmanuel Ducoin, c'est de mettre&amp;nbsp;à plat avec toute son humilité et son regard quasi enfantin sur le monde. Jed a grandi et le monde tourne toujours. Il y avait Merxx et aujourd'hui Idurain, ou encore Armstrong... combien de kilomètres parcourus, combien de rêves étalés, dévalés.... et tout ce qui est en-jeu dans le sport. Le défis de l'humain, Ycare etc....&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; De tout cela son livre ne plaira pas aux médias trop conçus sur le modèle &quot;on va vous révéler une vérité&quot; (même si celle-ci doit s'avérer fausse), son livre ne repose pas sur du sensationnel, mais sur du sens ! C'est là tout ton génie.... la mise à, plats des sens possibles de cette histoire de la boucle sans fin ? Toujours mise à mal et jamais réduite à néant.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Pourtant ce livre est fascinant derrière les rêves, la politique. La politique pratique à l'échelle d'une ville. Quelle ville ne voudrait pas du tour ? Et tous les enjeux économiques cachés, évoqués à demi-mots par une banderolle de bord de route. Et puis la politique et son idée véhiculée par l'inconscient collectif. Car finalement dans le tour, c'est aussi cela qui est en jeu, l'idée de nation, de patrie, de République. Ce qui fait sens aussi : être ensemble. Défier les limites ensemble, le froid des cols, la vitesse des campagnes. Et ces villages, et ces histoires de bord de route. Jean-Emmanuel nous guide dans tous ces chemins, il défie notre enfance, nos rêves, nos idéaux. Avec lui nous ouvrons la boîte des souvenirs, nous soufflons sur notre maillot jaune. Nous dépoussièrons l'image du sport. Après tout c'est cela une belle histoire. Non ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Sonia Bressler&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.web-tv-culture.com/Tour_de_France_Jean_Emmanuel_Ducoin-73.html&quot;&gt;Plus d'informations et Jean-Emmanuel Ducoin en live, en cliquant là !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Emmanuel Ducoin, &lt;em&gt;Tour de France, une belle histoire ?&lt;/em&gt; éd. Michel de Maule. Juin 2008, 20€&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.web-tv-culture.com/Tour_de_France_Jean_Emmanuel_Ducoin-73.html&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>vagant</name>
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        <title>La brioche de Tolstoï</title>
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        <updated>2008-06-19T23:10:13+02:00</updated>
        <published>2008-06-19T23:10:13+02:00</published>
        <summary>  -&amp;nbsp;Vois-tu, mon ami, les femmes sont le ressort qui fait tout mouvoir...</summary>
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          &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://extravagances.blogspirit.com/media/02/02/afee9f971b1daff5dfd86fbc544ede54.jpg&quot; alt=&quot;afee9f971b1daff5dfd86fbc544ede54.jpg&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0px 1.4em 0.7em; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-210159&quot; name=&quot;media-210159&quot; /&gt;-&amp;nbsp;Vois-tu, mon ami, les femmes sont le ressort qui fait tout mouvoir en ce monde… Tu me demandes où en sont mes affaires ? En fort mauvais point, mon cher… Et tout cela à cause des femmes… Donne-moi franchement ton avis, continua-t-il en tenant un cigare d’une main et son verre de l’autre.&lt;br /&gt; -&amp;nbsp;Sur quoi ?&lt;br /&gt; -&amp;nbsp;Voici, supposons que tu sois marié, que tu aimes ta femme, et que tu te sois laissé entraîné par une autre femme.&lt;br /&gt; -&amp;nbsp;Excuse-moi, mais je ne comprends rien à pareille affaire ; c’est pour moi, comme si tout à l’heure en sortant de dîner j’allais voler une brioche dans une boulangerie.&lt;br /&gt; Les yeux de Stépane Arcadiévitch [Oblonski] pétillèrent.&lt;br /&gt; -&amp;nbsp;Pourquoi pas ? Certaines brioches sentent si bon qu’on ne saurait résister à la tentation : « Je suis ravi quand j’ai pu vaincre le désir de ma chair ; mais si je n’y réussis pas, j’ai au moins le plaisir pour moi. »&lt;br /&gt; Ce disant, Oblonski sourit malicieusement ; Levine ne put se retenir de l’imiter.&lt;br /&gt; -&amp;nbsp;Trêve de plaisanteries, continua Oblonski. Il s’agit d’une femme charmante, modeste, aimante, sans fortune et qui vous a tout sacrifié : faut-il l’abandonner, maintenant que le mal est fait ? Mettons qu’il soit nécessaire de rompre, pour ne pas troubler la vie de famille, mais ne doit-on pas avoir pitié d’elle, lui adoucir la séparation, assurer son avenir ?&lt;br /&gt; -&amp;nbsp;Pardon, mais tu sais que pour moi les femmes se divisent en deux classes… ou pour mieux dire, il y a les femmes et les… Je n’ai jamais vu et ne verrai jamais de belles repenties ; mais des créatures comme cette Française du comptoir avec son fard et ses frisons ne m’inspirent que du dégoût, comme d’ailleurs toutes les femmes tombées.&lt;br /&gt; -&amp;nbsp;Même celle de l’Évangile ?&lt;br /&gt; -&amp;nbsp;Ah ! Je t’en prie… Le Christ n’aurait jamais prononcé ces paroles, s’il avait su le mauvais usage qu’on en ferait : c’est tout ce qu’on a retenu de l’Évangile. Au reste, c’est plutôt une affaire de sentiments que de raisonnement. J’ai une répulsion pour les femmes tombées, comme tu en as une pour les araignées. Nous n’avons pas eu besoin pour cela d’étudier les mœurs ni des unes ni des autres.&lt;br /&gt; -&amp;nbsp;Tu me rappelles ce personnage de Dickens qui rejetait de la main gauche par-dessus l’épaule droite toutes les questions embarrassantes. Mais nier un fait n’est pas répondre. Que faire, voyons, que faire ? Ta femme vieillit tandis que la vie bouillonne encore en toi. Tu te sens tout d’un coup incapable de l’aimer d’amour, quelque respect que tu professes d’ailleurs pour elle. Sur ces entrefaites l’amour surgit à l’improviste et te voilà perdu ! s’exclama pathétiquement Stépane Arcadiévitch.&lt;br /&gt; Lévine eut un sourire sarcastique.&lt;br /&gt; -&amp;nbsp;Oui, oui, perdu ! répétait Oblonski. Eh bien, voyons, que faire ?&lt;br /&gt; -&amp;nbsp;Ne pas voler de brioche.&lt;br /&gt; Stépane Arcadiévitch se dérida.&lt;br /&gt; -&amp;nbsp;Ô moraliste !... Mais comprends donc la situation. Deux femmes s’affrontent. L’une se prévaut de ses droits, c'est-à-dire de l’amour que tu ne peux lui donner ; l’autre sacrifie tout et ne te demande rien. Que doit-on faire ? Comment se conduire ? Il y a là un drame effrayant.&lt;br /&gt; -&amp;nbsp;Si tu veux que je te confesse ce que j’en pense, je ne vois pas là de drame. Voici pourquoi. Selon moi l’amour… les deux amours tels que tu dois t’en souvenir, Platon les caractérise dans son Banquet, servent de pierre de touche aux hommes, qui ne comprennent que l’un ou l’autre. Ceux qui comprennent uniquement l’amour non platonique n’ont aucune raison de parler de drame, car ce genre d’amour n’en comporte point. « Bien obligé pour l’agrément que j’ai eu » : voilà tout le drame. L’amour platonique ne peut en connaître davantage, parce que là tout est clair et pur, parce que…&lt;br /&gt; À ce moment Levine se rappela ses propres péchés et la lutte intérieure qu’il avait subie. Il termina donc sa tirade d’une manière imprévue :&lt;br /&gt; - Au fait, peut-être as-tu raison. C’est bien possible… Mais je ne sais pas, non, je ne sais pas.&lt;br /&gt; - Vois-tu, dit Stépane Arcadiévitch, tu es un homme tout d’une pièce. C’est ta grande qualité mais aussi ton défaut. Parce que ton caractère est ainsi fait, tu voudrais que la vie fût constituée de même façon. Ainsi tu méprises le service de l’État, parce que tu voudrais que toute occupation humaine correspondît à un but précis – et cela ne saurait être. Tu voudrais également un but dans chacun de nos actes, tu voudrais que l’amour et la vie conjugale ne fissent qu’un – cela ne saurait être. Le charme, la variété, la beauté de la vie tiennent précisément à des oppositions de lumière et d’ombre.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;em&gt;Anna Karénine, Première partie, chapitre XI&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;~~~~~~~~~~~~~~&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Ami lecteur, ce n’est pas vous qui me féliciterez d’avoir résisté à la tentation. Car pendant plus d’un mois, j’ai résisté à celle d’écrire sur ce blog. Rien, même pas un commentaire ni un regard aux statistiques, l’abstinence complète afin d’échapper à ce qui m’était apparu devenir une addiction. J’aurais pu vous prévenir de ma résolution, mais non, silence radio, et sans le moindre scrupule. Quand je vous disais que je suis infidèle…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je suis aussi opportuniste. J’ai lâchement profité d’un surcroît de travail auquel je me suis assidûment consacré, ainsi que d’un bon roman qui m’a tenu éloigné de toute velléité littéraire. Il faut dire que face à un monument comme Anna Karénine, l’écrivaillon ne peut que faire taire son clavier. Je ne vous ferai pas l’offense supplémentaire de vous apprendre ce qu’est, selon Louis Pauwels, « ce grand roman de l’adultère, au souffle beaucoup plus grand que Madame Bovary ». J’ai bien une prédilection naturelle pour m’étendre - et même me vautrer - sur ce thème, mais c’est plutôt l’intrication du roman avec la vie personnelle de son auteur dont j’ai envie de vous parler.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Anna Karénine s’inscrit à un tournant de la vie de Lev Nicolaievitch Tolstoï. Guerre et paix lui a déjà apporté la renommée, il n’en est pas moins déchiré entre sa vie littéraire mondaine et sa religiosité puritaine. Un soir de 1873, après relu Pouckine, le bouillant Tolstoï se lance dans ce roman comme sous l’effet d’une impulsion créatrice incontrôlable - pour ainsi dire libidinal au sens psychologique du terme. Il croit alors pouvoir le terminer en deux semaines, et le publier sous forme de feuilleton dans le messager russe. Quatre ans plus tard, il y est toujours. Après avoir touché 20000 roubles – la somme la plus importante jamais versée pour un roman à cette époque – Tolstoï ne parvient pas à accorder le démon littéraire qui l’aiguillonne, avec ses méditations existentielles au thème récurrent : « Quel est le sens de la vie ». Partagé entre l’envie de peaufiner son chef d’œuvre et celle d’en finir, il en multiplie les plans et les variantes qui finissent par compter autant de pages que l’énorme roman final, soit plus de 850 pages dans l’édition de poche.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La chronologie de ces variantes montre que l’intrigue initiale entre Anna Karenine et son amant le prince Vronski, s’est peu à peu enrichie d’une histoire parallèle : celle du couple vertueux Lévine – Kitty, largement autobiographique. En traversant ce roman de part en part, Lévine-Tolstoi semble donner le contrepoint moraliste de la chute d’Anna Karénine, et remplir ainsi sa mission prosélyte comme le souligne la citation Biblique de la préface « À moi la vengeance et la rétribution » - ce qui prête à sourire quand on réfléchit à l’ambiguïté du mot « moi ». Néanmoins, il ne se départit pas d’une certaine sincérité, notamment lorsqu’il décrit comment Lévine confie son journal intime à sa jeune épouse pour lui avouer son « impureté sexuelle » au soir de sa nuit de noce, épisode autobiographique qui torturera Tolstoi jusqu’à son lit de mort.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;C’est cette sincérité là qui désarçonne Lévine dans ce dialogue avec Oblonski, qui&amp;nbsp; incarne le jouisseur opportuniste, le terrien sympathique, aux préoccupations prosaïques étriquées comparées aux élans passionnés d’Anna Karénine. C’est pourtant ce personnage attachant, dépeint par l’auteur avec tout l’amour du Seigneur envers le pêcheur à convertir, qui balaye les arguties du moraliste. Comme un clin d’œil à la vie terrestre avant que Tolstoï n’embrasse la blancheur immaculée où il se perdra.&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Maryse WOLINSKI</name>
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        <title>10ème salon du livre Montmorillon</title>
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        <updated>2008-06-13T16:00:00+02:00</updated>
        <published>2008-06-13T16:00:00+02:00</published>
        <summary>  Montmorillon, petite ville de 7 500 habitants de la Vienne, au carrefour de...</summary>
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          &lt;img src=&quot;http://marysewolinski.blogspirit.com/media/01/00/37cb68a9fa3a2662bbbd602b2f32df4e.jpg&quot; id=&quot;media-206908&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;d620170e6649a0159eefaf24aed58cad.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Montmorillon, petite ville de 7 500 habitants de la Vienne, au carrefour de trois régions, le Poitou-Charentes, le Centre et le Limousin, a restauré, depuis 2 000, son vieux quartier médiéval qui s'est transformé en Cité de l'Ecrit et des Métiers du Livre. Un site exceptionnel au coeur de la ville qui réssucite des métiers, des ambiances oubliées et l'âme d'un village.&lt;/strong&gt;&lt;img src=&quot;http://marysewolinski.blogspirit.com/media/02/00/7969b43bcb0128fbc32096f96f8d0cd7.jpg&quot; id=&quot;media-206909&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;5b18da6f20ecdcac0abe3bfa3898e535.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;L'écriture peut redonner vie à un quartier. En franchissant le vieux pont gothique du XIVème siècle, les visiteurs pénètrent dans un pôle culturel, touristique et économique, consacré à l'écrit, aux livres, et aux métiers du livre. Le quartier rénové abrite plus d'une vingtaine d'artistes, d'artisans, de librairies et bouquinistes mais également des restaurants et des cafés typiques. La Cité de l'Ecrit, c'est aussi un lieu où on peut s'initier à l'art de la calligraphie, se familiariser à la reliure, aux techniques de la poterie...Du 13 au 15 juin, la Cité s'enflamme autour de son 10ème salon du livre de Montmorillon. Un rendez-vous incontournable pour les passionnés de lecture, dans un cadre hors du temps. &lt;img src=&quot;http://marysewolinski.blogspirit.com/media/02/00/ad7be6fa8b9a5404c23d6ef1d40bba2b.jpg&quot; id=&quot;media-206906&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;af9677db6cd86a8d30ac3acfeb88ea07.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Cité de l'Ecrit et des Métiers du Livres3, rue Bernard Harent-BP 4386 501 Montmorillon Cedex&lt;a href=&quot;http://www.citedelecrit-montmorillon.com &quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Plus d'informations en cliquant là !&lt;/a&gt;
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        <author>
            <name>Daniel CHARRIER</name>
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        <title>UNE GRANDE CAUSE NATIONALE</title>
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        <updated>2008-04-02T12:00:00+02:00</updated>
        <published>2008-04-02T12:00:00+02:00</published>
        <summary>  Habitué à cogiter dans le trivial, le terre-à-terre, l’évident, le...</summary>
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          &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Habitué à cogiter dans le trivial, le terre-à-terre, l’évident, le crève-les-yeux, je ne m’attendais pas à ce qui allait m’arriver au détour d’une banale phrase du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; chapitre du roman de LIN Yutang &lt;i&gt;(«&amp;nbsp;Un moment à Pékin&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; T.1) que je venais de commencer: &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Si Moulane n’était pas montée dans la carriole que traînait la petite mule chétive, les choses se seraient passées autrement durant ce voyage, et tout le cours de la vie de Moulane aurait été changé&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Déjà entraîné dans l’histoire, je continuai ma lecture en méthode rapide, impatient de connaître la suite. La vie de Moulane, l’héroïne du livre, petite fille de 10 ans ne fut pas, dans cette Chine de 1900 en plein chaos, un long fleuve tranquille. Enlevée par des bandits voleurs d’enfants, elle eut souvent l’occasion de pleurer et elle mérita bien le feu d’artifice qui, au final, conclut son beau mariage. Ce ne fut pas sans mal qu’elle en arriva là et LIN Yutang ne lui facilita pas la tâche.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;C’est en pensant à ce destin qui faillit être tragique que je refermai le livre. Ce n’était pas Millénium et je n’avais pas hâte de l’oublier. Je m’interrogeais sur la responsabilité de l’auteur et sa façon, très hypocrite à mon avis, qu’il avait eu au premier chapitre, de faire porter la responsabilité du choix qui s’était avéré calamiteux sur un pauvre cocher. Parce qu’il avait quelques plaies à la tête, un autre à la mine plus joviale lui fut préféré. Ainsi l’auteur s’exonéra de tous les malheurs de son héroïne en prétendant que ce n’était pas de sa faute si elle avait choisi la mauvaise voiture.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Le procédé est indigne d’un homme de la qualité philosophique de Monsieur LIN. S’il avait eu un peu d’humanité, l’amour des enfants, du respect pour la sensibilité et l’émotivité de ses lecteurs ne lui aurait-il pas été facile de faire monter Moulane dans une autre carriole, lui évitant ainsi 586 pages où les avanies ne lui furent pas épargnées, elle qui ne méritait que du bonheur&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;J’étais mécontent, je dois l’avouer, d’avoir surpris monsieur LIN Yutang dans ce flagrant délit, moi qui en avais fait mon maître à penser depuis la lecture de &lt;i&gt;«&amp;nbsp;L’importance de vivre&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Je surmontai un court moment d’accablement profond car une illumination me saisit. &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Un moment à Pékin&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; n’était pas un cas fortuit. J’aurais dû, j’aurais pu m’en apercevoir depuis longtemps. A y bien réfléchir, un lecteur moyen est confronté à ce genre d’épreuve en permanence, si l’on excepte les biographies, les essais, les livres d’histoire, les ouvrages techniques. Les romans, c’est-à-dire l’essentiel des lectures de ceux qui aiment s’évader, rêver, se mettre dans la peau des autres, de ceux qui ne sont pas contents de la vie qu’ils mènent, n’ont pas peur d’aller sous d’autres cieux, dans d’autres époques, qui se sentent à l’aise dans les bas-fonds, les châteaux, le Space-opera, l’héroïc fantasy, sont remplis de personnages infâmes, de situation stressantes et d’horreurs sans nom. Il suffit que l’intrigue soit bien menée, les héros convaincants, la langue bien pendue et le style enlevé pour nous emprisonner dans leurs pages.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Des millions de livres ont répondu depuis Gutenberg à ces critères. Les quelques milliers que j’ai lus n’ont jamais assouvi ma faim d’en savoir un peu plus sur ces mondes et ces vies inconnus. Et, cependant, la sagesse vient de me frapper de cette évidence. Tous ces écriveurs que je croyais des bienfaiteurs l’étaient-ils réellement&amp;nbsp;? S’ils aimaient tellement ceux pour qui ils écrivaient, n’auraient-ils pas eu la mansuétude de mieux les traiter&amp;nbsp;? Ne leur auraient-ils pas épargné toutes les turpitudes, les assassinats, les tueries, les enlèvements, les désespoirs, les larmes, etc. dont leurs livres sont pleins&amp;nbsp;? Ils nourrissent leurs héros et héroïnes d’une psychologie dépressive, d’expériences malheureuses, d’une enfance maltraitée, d’amours ratées, de naufrages familiaux ou transatlantiques, de banqueroute, de défaite, d’accidents de la route ou d’avions.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Les âmes sensibles, comme la mienne et certainement la vôtre ne se seraient-elles mieux portées, en seraient-elles là où elles en sont aujourd’hui si, au lieu d’être gavés de luxure, de haine, de massacres, de déchirements familiaux, sociaux ethniques, religieux, on nous avait, dans les livres, apporté un message de paix, de bonheur, de plaisir, d’entraide, de joie partagée, des mères toujours aimantes, des pères toujours présents, des fils jamais ingrats, des filles jamais légères et parfois mères à la fois, des flics jamais ripous, des femmes jamais fatales, des hommes jamais petits, des soldats toujours vaillants, une nature préservée, de l’eau pure, des américains tranquilles, des sentiers de la gloire interdits aux convois militaires&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Une grande idée, la vôtre maintenant, venait de jaillir. Elle allait révolutionner le monde littéraire et changer notre façon de lire les choses. De la même façon que nous sommes ce que nous mangeons, notre pensée se nourrit de ce que nous lisons. Nous ne faisons alors que recycler, à notre profit et sans le savoir, ce que nous sommes allés chercher dans les livres. De la même façon que nous jetons la viande avariée, il faut balayer de ces livres les héros négatifs, les intrigues sournoises et maladives et parfois franchement pornographiques. Le climat délétère, de haine, de morosité, d’amertume, de mélancolie qui plombe notre société et l’empêche de rebondir fera alors place à un ciel lumineux rempli d’ions positifs, énergétiques, euphorisants.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Pour ceux qui auraient décroché, par la faute une hypoglycémie imprévue, d’un petit malaise, dû au vague à l’âme ou plus simplement d’un SMS inopportun, j’illustrerai mon propos par quelques livres choisis au hasard mais pas moins emblématiques que ceux d’à côté&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;u&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;La Chasse du Comte Zaroff&lt;/span&gt;&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;. Vous connaissez le film de Schoedsack &lt;i&gt;(«&amp;nbsp;The Most Dangerous Game&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;, à partir d’une nouvelle éponyme de Richard Connell parue en 1924). Réalisé en 1932, il est devenu culte et c’est bien dommage. Le comte Zaroff, chasseur impénitent capture les naufragés qui s’échouent sur son île et les transforme en gibier qu’il va chasser sans pitié. Ce n’est, en fait, qu’une adaptation insulaire de la chasse à courre, ce sport si aristocratique réservé à une élite bien élevée et qui consiste à pourchasser jusqu’à ce que mort s’ensuive, à l’aide d’une meute de chiens hurlants et bavants de rage meurtrière, une gentille biche ou un chevreuil à peine pubère qui n’ont eu que le tort de paître dans le profond d’une clairière forestière. La course haletante des deux héros transformés par la folle passion de Zaroff en bestioles à plumes ou à cornes est insoutenable et il faut être un sadique averti et diplômé d’Etat pour s’en repaître. Le lecteur moyen est bien obligé de finir le livre pour rentabiliser son investissement. Il en ressort écoeuré par tant de cruauté et son opinion sur le genre humain subit une chute difficile de corriger. Imaginez que Zaroff au lieu d’être un comte dépravé aimant faire souffrir et tuer des innocents décide, après avoir recueilli les malheureux naufragés d’organiser pour leur changer les idées mises à mal par la perte de leurs bagages, une course à l’échalote ou au sac, une vente de charité, un festival du dernier film, une kermesse aux étoiles, un bal costumé pour la belle Eve. Riche comme il est, il n’a que l’embarras du choix. C’est dans cet esprit que je demande que le livre soit réécrit.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;u&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Le Comte de Monte-Cristo&lt;/span&gt;&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;, mon ex-préféré livre de chevet devra subir le même sort. Edmond Dantès ne mérite pas de pourrir 14 ans dans une geôle du château d’If même dans la sainte compagnie de l’Abbé Faria. Victime d’une machination infâme, nous souffrons avec lui et endurons tout ce qu’il a enduré. Sa vengeance est une satisfaction bien mesquine et ne nous rend pas toutes ses années de jeunesse perdues. Qu’avons-nous fait à Dumas pour mériter un tel sort&amp;nbsp;? Pourquoi tant de haine&amp;nbsp;? Je demanderai donc réparation et exigerai qu’un esprit mieux intentionné nous trousse d’une plume aussi alerte un comte de Monte-Cristo un peu plus positif. Il conviendra de ne pas ruiner Pierre Morrel,&amp;nbsp;de rendre à Caderousse et et Danglars leurs véritables caractères d’amis sincères, de compagnons dévoués. Le mariage de Dantès avec Mercédès sera célébré, consommé et récompensé de beaucoup d’enfants heureux et premiers de la classe. Il sera facile de meubler les 300 pages à venir d’aventures cocasses, de retournements de situations imprévues. La fin pourra être conservée pour les puristes qui n’auraient pas désarmé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Les aventures des 3 mousquetaires devront être expurgées de quelques scènes pénibles. Je pense au sort de Milady, sa flétrissure aurait dû suffire pour punir son infamie et lui faire perdre la tête fut un geste de trop qu’il aurait pu ne pas décrire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Tout Dumas est à revisiter car, de &lt;i&gt;«&amp;nbsp;La Reine Margot&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; à &lt;i&gt;«&amp;nbsp;La Dame de Montsoreau&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; il y a trop d’inventions inutilement tragiques.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Plus proche de nous, Hervé Bazin n’aurait-il pu nous présenter sa mère autrement qu’en Folcoche dans &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Vipère au poing&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;&amp;nbsp;? Une telle maman peut-elle rassurer les enfants en bas âge et fournir un modèle valable pour les futures mères&amp;nbsp;? Qui me contredira si je préconise l’éradication immédiate de tous les tueurs au détail ou en série, des psychopathes, des voleurs, des violeurs, des souteneurs, des gangsters, des voyous, des flics pourris, des fonctionnaires véreux, des avocats marrons, des politiciens corrompus et ou prévaricateurs, des curés incroyables, des notaires en fuite, des vérités insoutenables. J’arrête là car vous avez compris le principe. Il suffit de changer la couleur de l’encre. De mettre des gentils à la place des méchants, des riches à la place des pauvres, des honnêtes à la place des malhonnêtes, des beaux à la place des affreux, des végétaliens à la place des cannibales, des eaux douces à la place des eaux fortes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Un travail de titan est donc à prévoir dans la Série Noire et ses émules. Il faudra enlever, je le crains, son masque au Masque car même Agatha Christie n’est pas exempte de reproches. Je crains que le voleur libraire de Block ne soit obligé de devenir fleuriste à plein temps et son tueur à gages qui ne manque pas de logique professeur de philosophie. S’il a vraiment besoin d’assassiner pour avoir l’esprit tranquille, on tolérera un travail à mi-temps dans un abattoir ou une action de chasse en Sologne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Les deux géants de la littérature, les hors concours toutes catégories et nationalités confondues Shakespeare et Hugo ne seront pas épargnés. Ils ont succombé à la facilité&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; qui a mené beaucoup de leurs petits confrères et consoeurs bon gré mal gré à la repentance. Pourquoi le grand Bill fait-il mourir Roméo et Juliette&amp;nbsp;? Pourquoi cette love story qui s’annonçait si bien s’altère-t-elle aussi vite dans les luttes intercommunautaires et finit dans les larmes et les deuils&amp;nbsp;? Il fallait une main bien cruelle pour tenir la plume d’oie capable d’écrire de telles horreurs qui depuis des siècles font pleurer les foules. Fallait-il être très déprimé soi-même pour vouloir chagriner tant de gens. L’ambition de faire rire n’était-elle pas plus noble&amp;nbsp;? Ce visionnaire n’avait-il pas déjà deviné que la tristesse déprime le système immunitaire de l’organisme et favorise l’apparition des cancers. Il mériterait un procès pour démoralisation avancée du lectorat et des spectateurs. Il est temps de réagir. Il sera facile de trouver une plume avisée qui n’aura pas de mal à conclure Roméo et Juliette sur une fin heureuse. Hamlet, le Marchand de Venise et tant d’autres devront subir ce traitement. Il y a trop de personnages haineux, d’actes qui font honte à la gentillesse humaine. L’œuvre en sortira grandie, plus appétissante et digeste. Une nouvelle vie, une nouvelle carrière, un nouveau public s’ouvrent à eux. Hamlet débarrassé de son sang fera une comédie musicale très présentable.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Hugo avec &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Les Misérables&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; ne nous aima pas plus.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Beaucoup de ses personnages même secondaires ont des sorts trop tristes pour être enviables. Il faut sortir les mouchoirs tant leur misère est grande. Cosette est une pauvre petite dont la fragilité dans un monde inhumain serre et déchire le cœur. On s’en remet difficilement. Pourquoi nous accabler par toute la misère du monde, pour expier quel méfait&amp;nbsp;? Monsieur Hugo avec tout son talent aurait pu – sans même en avoir de peine – nous concocter un Cosette souriante, heureuse, vivant une enfance comme il se doit, pleine de bonbons, de crème au chocolat, de surprises parties, de poupées, de rubans et de première communion dans une famille non éclatée avec des frères et des sœurs, dans une grande maison avec chiens et chats, au soleil, à l’orée d’une belle forêt pleine de fées et de champignons. Ce n’était pas difficile. Les Misérables seraient devenus les Bienheureux et Hugo, canonisé depuis longtemps.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Même la Comtesse de Ségur, née Sophie Rostopchine ne sortira pas indemne. Pourquoi toutes ces fessées pour corriger les peccadilles des petites filles modèles. On a, ailleurs, dénoncé le sadisme de cette Comtesse qui cacha bien ses tendances. Il suffira de transformer les fessées en bisous pour calmer les pensées obscènes de quelques lecteurs perturbés.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Son émule, Pauline R. quelques décennies plus tard, avec la complicité à l’édition de J.J. Pauvert, se rendit coupable d’outrage à la pudeur envers la pauvre O avec récidive et complaisance. Il faudra rendre ses vêtements et sa virginité à cette demoiselle qui, si l’on en croit son langage, était de bonne famille. Les Emmanuelles de Madame Arsan prouvèrent par la suite qu’un livre peut être coquin sans choquer et joindre aux plaisirs du dépaysement ceux de mœurs étrangères.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Je n’épiloguerai pas sur le diabolique Marquis. Si l’on excepte &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Aline et Valcour&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Français, encore un effort&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; tout, ou presque, est à revoir. Ce travail devra être fait sous la protection d’un exorciste qualifié du St. Office. Je n’en dirai pas plus.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Le gros du travail gît dans le passé, sur les rayons de la Très Grande Bibliothèque. Non, pas celle d’Alexandrie, celle du Quai de la Gare, la nôtre, qui n’a pas encore brûlé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Après une visite rapide dans les réserves et ses rayons et un calcul précis, je suis en mesure de dire que, sur 25 millions 256.001 livres en attente de lecture ou de reliure, la moitié, soit 12.456.637 auront besoin d‘être remis aux nouvelles normes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Le travail est énorme mais il y va de la santé physique, morale et mentale du pays. Le mauvais moral des français empire d’année en année et, récemment, de jour en jour. La baisse du pouvoir d’achat, l’épaisseur de la dette, les délocalisations, les difficultés qu’a notre Président à fonder une famille stable, la faillite de Bercy est estimée par le plus fiable des instituts de sondage, l’IPIOP (ou Institut de Perception Intuitive de l’Opinion Privée) comme étant responsable de 0,11,02 % de cette mélancolie généralisée. L’essentiel provient de la nourriture spirituelle insuffisamment joyeuse, tonique et dynamique qu’elle trouve aux étals des librairies. Il faut que cela cesse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;La Commission Attali a ignoré le problème. Aucune proposition ne viendra combattre à sa source la dépression Française. Il me plaît de relever cette carence, de la dénoncer et d’œuvrer avec vous à son éradication.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Comment allez-vous faire&amp;nbsp;? Me presse-t-on de toutes parts.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Deux solutions&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;&lt;span&gt;-&lt;span style=&quot;font: 7pt 'Times New Roman'&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span dir=&quot;ltr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;La première, celle à laquelle j’ai cru tout d‘abord, passait par la loi. Il me paraissait facile de convaincre le ministre chargé du bon moral des français. Vous connaissez maintenant mon argumentation. Elle est évidente, la démonstration est sans appel, logique et raisonnable. Aucune objection ne lui résiste, même la censure maison s’est inclinée. J’avais simplement oublié que le ministre - en fait un ministricule – sous-sous-secrétaire rattaché à l’agriculture, sorti 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; ex æquo de l’ENA il y a peu, n’ayant jamais lu un livre de sa vie ne savait absolument pas de quoi je l’entretenais. Pour lui le bonheur des électeurs passait par le prix de l’essence à la pompe, la teneur en nitrates de l’eau du robinet, le nombre de portables au mètre carré et la «&amp;nbsp;Une&amp;nbsp;» de Gala.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Maiandra GD'&quot;&gt;&lt;span&gt;-&lt;span style=&quot;font: 7pt 'Times New Roman'&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span dir=&quot;ltr&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Une autre option s’était bien ouverte avec la Commission Attali alors en plein travail. Il restait une semaine avant que le rapport ne soit rendu et la moitié du travail restait à faire. L’effet d’annonce ne pouvait pas attendre. J’avais bon espoir car je connaissais le conseiller d’un conseiller d’un des 42 membres de la Commission. Il adhérait à mon projet avec enthousiasme. Il m’avait prévenu. Aucun groupe de travail ne planche sur les moyens de redonner du moral aux Français. C’est envisagé comme une conséquence inévitable de l’amélioration de la situation. Une croissance en marche avant, la dette qui fond comme la calotte polaire, une éducation qui se remet à éduquer, une fonction publique qui fonctionne, les sourds qui entendent, les aveugles qui voient, les paralysés qui marchent. Tout cela va avoir un effet d’entraînement et le baromètre de la bonne humeur va se mettre à grimper, la Belle Époque revenir.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;J’étais donc confiant. Désolation. Je revois l’ami bien placé le lendemain matin. Le teint pâlot il me dit&amp;nbsp;: &lt;i&gt;«&amp;nbsp;j’étais sûr du créneau. Ils allaient discuter en séance plénière du thème «&amp;nbsp;donner plus de pouvoir aux consommateurs&amp;nbsp;». Comme tu veux que les lecteurs aient leur mot à dire à l’auteur. Ils étaient faits pour t’entendre. La séance était à 15 h 45. A midi j’avais avalé à la sauvette car on était à la bourre un en-cas sur le pouce, une tranche de jambon Oméga3 entre deux tranches de pain bis. Malheur, pris par le temps je n’avais pas eu celui de laver ma dextre et ce qui devait arriver arriva. A force de serrer des mains, j’avais pollué la mienne et avalé autant de colibacilles que de jambon. Le résultat se fit sentir dès 14 h 10. Cela me rendit indisponible et à l’infirmerie pour réhydratation urgente. Je n’eus pas le loisir de deviser avec le conseiller en chef qui n’eut donc rien à dire sur le sujet au commissionnaire qui, lui-même... tu devines la suite&amp;nbsp;».&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Ne pouvant compter sur le gouvernement, il ne me reste que la deuxième solution. Elle n’est pas de rechange car, fin scrutateur depuis un demi siècle de la chose publique et politique je savais ne devoir rien attendre d’elle. L’élimination de l’œuvre littéraire de tout ce qui met le moral à zéro ne peut venir en effet de ceux qui conspirent législature après législature, mandature après mandature à nous le faire perdre. Seul un mouvement populaire pourra imposer la réécriture d’une littérature dont l’ambition est de nous le saper. Une action de groupe, quoique pas encore autorisée s’impose et parce que la foi déplace les montagnes, mettons-nous y, tous ensemble.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;1&lt;sup&gt;ère&lt;/sup&gt; étape&amp;nbsp;: Il faut pétitionner pour braquer les feux de la renommée et de l’actualité sur l’action à venir. Je vous demanderai donc de poser votre nom, anonymé pour éviter de renseigner les R.G. en cliquant sur «&amp;nbsp;commentaires&amp;nbsp;». Un chèque conséquent pour les frais de secrétariat serait le bienvenu.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;2&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; étape&amp;nbsp;: Embauche dès leur démobilisation des 30.000 et quelques militaires de l’armée française qui, pour cause de caisses vides vont être libérés de leurs obligations. Ces hommes et ces femmes, formés à la rude école de la discipline aveugle mais cependant éclairée qui fait la force de nos armées seront les plus aptes à attaquer, dès la rentrée littéraire, tous les romans litigieux. Habitués à se fondre dans le paysage ennemi, ils sauront préserver aussi bien le style que l’inspiration. Le travail se fera de façon progressive en commençant par les grands auteurs classiques&amp;nbsp;: Corneille, Racine qui, tombés dans le domaine public n’ont pas d’héritiers déclarés ne risquent pas de protester. Ils auront à garder vivant le père de Chimène, veiller à ce que Sévère rende Polyeucte à Pauline, ne pas séparer Titus de Bérénice, etc.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Les auteurs vivants n’échapperont pas à notre sollicitude. Par la persuasion, l’appât du gain, un dialogue constructif nous les convaincrons de donner une deuxième version plus optimiste de leurs œuvres les plus cafardeuses ou outrageantes. La menace sera employée en dernier ressort. Je compte sur vous, j’attends vos suggestions. Signalez au secrétariat les ouvrages qui vous ont fait particulièrement souffrir afin qu’ils soient prioritaires.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;Rejoignez sans attendre cette croisade qui va devenir, grâce aux amoureux des Belles Lettres enfin devenues bonnes, une grande cause nationale de portée mondiale.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;P.S. Seuls les livres à compte d’auteur ne seront pas concernés. Leur lectorat captif, confiné à la proche famille et à quelques amis malchanceux, est trop insignifiant pour être pris en compte.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; color: navy; font-family: 'Palatino Linotype'&quot;&gt;___________&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Dadumas</name>
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        </author>
        <title>Lectures pour temps maussade</title>
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        <updated>2008-03-24T14:35:00+01:00</updated>
        <published>2008-03-24T14:35:00+01:00</published>
        <summary>   Que faire d'un temps pareil ? Lire, et naturellement lire du Théâtre......</summary>
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          &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Que faire d'un temps pareil ? Lire, et naturellement lire du Théâtre...&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Arial&quot;&gt;Étroits petits tours&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Arial&quot;&gt;d’Adeline Picaut, trois monologues.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Arial&quot;&gt;Et Elsa boit&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Arial&quot;&gt;: Pourquoi boit-elle&amp;nbsp;? Elsa livre peu à peu son secret. Elsa a vraiment trop bu&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Arial&quot;&gt;Un homme à la ligne&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Arial&quot;&gt;, il est accro, il est désespéré, il n’a que vingt-cinq ans, il n’a pas choisi sa vie, mais il choisit sa mort.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Arial&quot;&gt;Émoi au bord du monde&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Arial&quot;&gt;, c’est une comédienne qui a une audition et qui tombe une amoureuse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Arial&quot;&gt;Un homme et une femme racontent, se racontent. Entre nouvelles et monologues, une nouvelle écriture théâtrale.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Arial&quot;&gt;Editions théâtrales, ouvrage publié avec l’aide de la fondation Beaumarchais&amp;nbsp;: 13, 50 €&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Arial&quot;&gt;Caravanes,&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Arial&quot;&gt;sur le thème de la sédentarisation des gens du voyage, quatre auteurs, à partir d’enquêtes, restituent la parole de personnages qui se sont confiés à eux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Arial&quot;&gt;Chaque pièce comporte deux personnages dont les voix se heurtent, s’entrecroisent, se répondent.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Arial&quot;&gt;Partir-Rester&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10.5pt; font-family: Arial&quot;&gt;de Rémi de Vos, &lt;i&gt;Carcan et Flèches&lt;/i&gt; de Fabrice Melquiot, &lt;i&gt;Amérique&lt;/i&gt; d’&lt;i&gt;’&lt;/i&gt;Emmanuelle Marie, et &lt;i&gt;Prestiges&lt;/i&gt; de Pauline Sales. Gilles Granouillet qui signe la préface, en a réalisé un spectacle dans le cadre des «&amp;nbsp;Transurbaines&amp;nbsp;». Bouleversant&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Arial&quot;&gt;Espaces 34&amp;nbsp;: ouvrage publié avec l’aide du CNL&amp;nbsp;: 11 €&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>vagant</name>
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        <title>Copenhague</title>
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        <updated>2008-02-21T07:00:00+01:00</updated>
        <published>2008-02-21T07:00:00+01:00</published>
        <summary>    Non, je ne vais pas vous ennuyer avec une note touristique sur cette...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://extravagances.blogspirit.com/">
          &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.filaplomb.fr/catalogue/les-nouvelles-dj-parues/copenhague-suivi-de-un-couple-idal-de-arnaud-dudek-0701/&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-133388&quot; src=&quot;http://extravagances.blogspirit.com/media/02/01/0b8cabed2a61d20d4c8da30d0b13c2fd.jpg&quot; alt=&quot;0b8cabed2a61d20d4c8da30d0b13c2fd.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-133388&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Non, je ne vais pas vous ennuyer avec une note touristique sur cette ville ennuyeuse qui ne peut faire rêver que ceux qui n’y sont jamais allés ( si vous&amp;nbsp; tenez vraiment à partir dans le coin, traversez le pont et visitez &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Malm%C3%B6&quot;&gt;Malmö&lt;/a&gt;&amp;nbsp; qui est tout aussi bien et beaucoup moins cher ), mais avec une note sur une nouvelle&amp;nbsp;intitulée &lt;a href=&quot;http://www.filaplomb.fr/catalogue/les-nouvelles-dj-parues/copenhague-suivi-de-un-couple-idal-de-arnaud-dudek-0701/&quot;&gt;Copenhague&lt;/a&gt;&amp;nbsp; publiée aux &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.filaplomb.fr/&quot;&gt;éditions filaplomb&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Après avoir sciemment massacré le petit suspens que j’escomptais vous servir aujourd’hui, je n’insisterai pas trop sur mon étonnement lorsque j’ai reçu dans ma boite au lettre en fer et qui couine, une enveloppe manuscrite à la vraie main et à mon nom bien réel. Il faut dire que pour le monde commun et trivial, je ne suis qu’un patronyme imprimé à la chaîne pour le compte d’une banque, d’une assurance ou d’une caisse de retraite, et les seules enveloppes manuscrites qu’il m’arrive d’ouvrir contiennent des faire part de mariage ( de moins en moins) de naissance ( le pic est passé aussi )&amp;nbsp; et plus rarement de décès ( mais c’est en croissance ), c’est-à-dire le lot commun de la boite aux lettres du cadre moyen déjà plus tout jeune…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Bref, il y a quelques semaines, je reçois une enveloppe manuscrite que ma femme n’a pas osée ouvrir. « Tu es sur que ce n’est pas une lettre piégée » qu’elle me dit sans rire. « Mais qui pourrait bien m’en vouloir ? » que je réponds en décachetant l’enveloppe sans penser aux quelques cocus qui pourraient me trucider s’ils retrouvaient ma trace. Et là, qu’est-ce que je trouve ? Vous le savez déjà : Copenhague suivi de Un couple idéal d’Arnaud Dudek, un recueil de deux nouvelles de 10 pages chacune au format 10 x 15. Le papier - recyclé avec des encres végétales sans solvant - est de bonne qualité ainsi que l’impression et la mise en page, même si on aurait apprécié une couverture un petit peu plus épaisse. Mais pour 4,20 € frais de port compris - le prix d’un café sur une terrasse parisienne - je n’ai pas boudé le quart d’heure de plaisir que la lecture de ces nouvelles m’a procuré. Je connaissais déjà &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://jiraicrachersurvosblogs.blogspot.com/&quot;&gt;Dudek&lt;/a&gt; pour son excellent blog littéraire, mais le lire allongé dans son lit, c’est tout de même mieux qu’assis devant un écran.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Cela suffit pour la forme, venons en au fond : deux nouvelles sur les solitudes qui s’ajoutent pour composer un couple. J’ai toujours pensé qu’un texte devait se défendre tout seul, alors je vous en livre un petit extrait :&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il aimerait découvrir l’Europe du Nord, il ne connaît pas. Copenhague, pourquoi pas ? Ce sera difficile d’imposer cette idée. Sylvia voudra de la chaleur. Siroter des cocktails à base de jus d’ananas en regardant des bellâtres transpirer autour d’un filet de volley-ball. Allongée sur une serviette de plage à fleurs, vêtue d’un maillot de bain une pièce assez terne, à compléter les cases d’un Sudoku.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Au poignet, un bout de plastique jaune digne des meilleurs Clubs Mickey indiquera son rattachement à un club de vacances situé à Hammamet.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Son visage outrageusement bronzé fera pâlir les collègues de jalousie lors du premier café de septembre, celui où l’on montre des vestiges de coups de soleil soignés à la Biafine comme autant de blessures de guerre.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Copenhague, ça risque de la mettre en rogne.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;J’espère vous avoir donné envie de découvrir Arnaud Dudek auquel je souhaite le succès qu’il mérite. Quant à son éditeur, je lui souhaite d’attraper une bonne crampe à écrire les noms des lecteurs auxquels il envoie un peu de bonheur.&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>vagant</name>
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        <title>La nuit de Valognes</title>
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        <updated>2008-01-24T09:25:00+01:00</updated>
        <published>2008-01-24T09:25:00+01:00</published>
        <summary>    Dans un château perdu de Normandie, plusieurs femmes attendent un homme....</summary>
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          &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.amazon.fr/Nuit-Valognes-Eric-Emmanuel-Schmitt/dp/2210754712&quot; title=&quot;Le livre sur Amazon&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-124261&quot; src=&quot;http://extravagances.blogspirit.com/media/00/02/9ac601355bf7540fdb159ef04e2d30a7.jpg&quot; alt=&quot;9ac601355bf7540fdb159ef04e2d30a7.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-124261&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Dans un château perdu de Normandie, plusieurs femmes attendent un homme. Elles l'ont aimé ; elles le haïssent. Il les a trahies, elles vont le punir. Cet homme, c'est Don Juan... Mais grand sera leur étonnement lorsque le séducteur arrivera au rendez-vous. Pourront-elles lui pardonner de ne plus être celui qu'elles ont tant aimé ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Après &lt;em&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://extravagances.blogspirit.com/archive/2007/12/13/le-bal-des-maudits-par-yse.html&quot; title=&quot;note d'Yse sur &amp;quot;La nuit de Valognes&amp;quot;&quot;&gt;Le bal des mots dits&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; et &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/archive/2007/12/21/le-libertin-reconcilie.html&quot; title=&quot;note de Georges de NOLDA sur &amp;quot;La nuit de Valognes&amp;quot;&quot;&gt;&lt;em&gt;Le libertin réconcilié&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, voici &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://unpeudetoutunpeudemoi.hautetfort.com/archive/2007/12/08/ce-soir-au-theatre.html&quot; title=&quot;mon analyse de la piece chez Yse...&quot;&gt;mon analyse de « La nuit de Valognes » d’Eric-Emmanuel Schmitt, et c’est chez Ysé&lt;/a&gt;…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;PS: Je viens de découvrir &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/2007/06/le-fou-de-dieu-molire-dom-juan.html&quot; title=&quot;Note de Bartleby sur le Don Jusan de Moliere&quot;&gt;une note brillante sur le Don Juan de Molière&lt;/a&gt;, qui éclaire le mythe sous un jour bien moins agnostique que ne le font les analyses habituelles... décapant !&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>pintini</name>
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        <title>Lessig: ”The Future of Ideas”</title>
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        <updated>2008-01-16T07:15:00+01:00</updated>
        <published>2008-01-16T07:15:00+01:00</published>
        <summary>L'ouvrage &quot; The Future of Ideas . The Fate of the Commons in a Connected...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://pintini.blogspirit.com/">
          L'ouvrage &quot;&lt;strong&gt;The Future of Ideas&lt;/strong&gt;. The Fate of the Commons in a Connected World&quot; de Lawrence Lessig est désormais &lt;a href=&quot;http://www.the-future-of-ideas.com/download/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;disponible en libre accès ici&lt;/a&gt; (sous &lt;a href=&quot;http://creativecommons.org/licenses/by-nc/3.0/us/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;licence CC&lt;/a&gt;).[ &lt;a href=&quot;http://lessig.extf.net/thefutureofideas/download-pdf&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;pdf&lt;/a&gt; ]Dans cet ouvrage, &quot;&lt;em&gt;Lawrence Lessig explains how the Internet revolution has produced a counterrevolution of devastating power and effect. The explosion of innovation we have seen in the environment of the Internet was not conjured from some new, previously unimagined technological magic; instead, it came from an ideal as old as the nation. Creativity flourished there because the Internet protected an innovation commons. The Internet’s very design built a neutral platform upon which the widest range of creators could experiment. The legal architecture surrounding it protected this free space so that culture and information–the ideas of our era–could flow freely and inspire an unprecedented breadth of expression. But this structural design is changing–both legally and technically.&lt;/em&gt;.&quot;Pour rappel, deux autres ouvrages de Lessig sont disponibles en libre accès sous licence CC:- &lt;a href=&quot;http://www.free-culture.cc/freeculture.pdf&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;Free Culture&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; (&lt;a href=&quot;http://creativecommons.org/licenses/by-nc/1.0/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;licence&lt;/a&gt;)- &lt;a href=&quot;http://pdf.codev2.cc/Lessig-Codev2.pdf&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;Code v2&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; (&lt;a href=&quot;http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.5/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;licence&lt;/a&gt;)
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        <author>
            <name>Christian Le Meut - Journaliste</name>
            <uri>http://rezore.blogspirit.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>Levrioù ha sonjoù profoù/Livres et idées de cadeaux</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://rezore.blogspirit.com/archive/2007/12/19/levriou-ha-sonjou-profou-livres-et-idees-de-cadeaux.html" />
        <id>tag:rezore.blogspirit.com,2007-12-20:1447167</id>
        <updated>2007-12-20T00:00:00+01:00</updated>
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          &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://rezore.blogspirit.com/media/02/00/a68a3e2b61ea23521ca4b2b0e28ac3c2.jpg&quot; id=&quot;media-104137&quot; alt=&quot;fc00e932543b9c33b48b20610d6b4ecc.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;Nedeleg a zo e tostaat ha setu c'hoazh sonjoù, mennozhioù, e ken kaz e vehec'h klask profoù da breniñ c'hoazh... Da gentañ an Titeuf nevez troet e brezhoneg (get Gwenole Bihannig), &quot;Lezenn ar bratell&quot; (embannet e 2002 edan titl &quot;La loi du préau&quot;). Farsus, evel da gustum : Titeuf a gompren un bochad traoù a-dreuz met n'eo ket ken sot memestra. An albom-se a c'hell bout prenet e stalioù levrioù ha war:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.klask.com/&quot; title=&quot;http://www.klask.com/&quot;&gt;http://www.klask.com/&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un dra all, met evit ar re vras dedennet get ar yezhoù, an &quot;Atlas des langues&quot;, bet embannet e 2004 get Acropole edan renerezh Bernard Comrie, Stephen Matthews ha Maria Polinsky. Ur bern kartennoù ha fotoioù a zo, hag an testennoù a seblanta bout interesus, met m'eus ket o lennet c'hoazh... Marteze e skriviñ muioc'h a dra war al levr-se ar bloaz kentañ.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux petites idées de cadeaux si vous êtes en recherche. Pour les bretonnants, le Titeuf nouvellement traduit et, pour les personnes intéressées par les langues, l'Atlas des langues (l'origine et le développement des langues dans le monde), paru en 2004 sous la direction de Bernard Comrie, Stephen Matthews et Maria Polinsky . Beaucoup de cartes, de photos, de textes qui paraissent intéressants mais que je n'ai pas encore lus... J'y reviendrai peut-être l'an prochain. Ed. Acropole.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Christian Le Meut&lt;/b&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://rezore.blogspirit.com/media/01/00/7725a8040412d8d55f725b0f908aaf5e.jpg&quot; id=&quot;media-104138&quot; alt=&quot;b797e32a1071a89b72080e6acf9d1ba7.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>Le bal des mots dits... (par Ysé)</title>
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        <updated>2007-12-13T07:10:00+01:00</updated>
        <published>2007-12-13T07:10:00+01:00</published>
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          &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;object classid=&quot;clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000&quot; codebase=&quot;http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,29,0&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;23&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://stat.radioblogclub.com/radio.blog/skins/mini/player.swf&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;quality&quot; value=&quot;high&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;menu&quot; value=&quot;false&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;&quot; /&gt; &lt;embed src=&quot;http://stat.radioblogclub.com/radio.blog/skins/mini/player.swf&quot; wmode=&quot;&quot; quality=&quot;high&quot; menu=&quot;false&quot; pluginspage=&quot;http://www.macromedia.com/go/getflashplayer&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;180&quot; height=&quot;23&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Tout commence par un coup de foudre. Un coup de foudre, ça s'abat sur des coeurs prompts à aimer aussi violemment que ça libère les relents de vengeance et de haine. Mais il n'y a pas que le ciel qui déchaîne son courroux...&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Cinq femmes se retrouvent une nuit dans le manoir de la duchesse de Vaubricourt. Un lourd secret, une question de vie ou de mort, voilà ce qui pouvait les réunir.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Qu'ont en commun une châtelaine rancunière, une comtesse frivole, une religieuse gentiment sotte, une intello revêche se piquant d'écrire des bluettes et une jeune mariée ? Rien, si ce n'est que jadis, elles ont été séduites et abandonnées par Don Juan. Mais ces victimes n'ont rien à voir avec les &lt;em&gt;mille&amp;nbsp;e tre&lt;/em&gt; espagnoles que le &quot;vil séducteur&quot; connut au sens biblique du terme. Ces femmes-là ont résisté, et ont ainsi offert à Don Juan ses plus éclatantes conquêtes, tout au moins à en croire le carnet tenu par Sganarelle oscillant entre le livre de comptes et le récit des amours de son maître.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Bien vite, les victimes, vêtues de blanc et non de candeur, vont troquer leur tunique de martyr contre la robe de juge, et elles sortiront si besoin est, la hâche du bourreau. Ce soir, elles vont sceller le destin du séducteur qui devra épouser et être fidèle à sa dernière conquête en date, Angélique, qui n'est autre que la nièce de la comtesse. S'il refuse, c'est une affaire de duel qui mènera le plus célèbre des sentimenteurs en prison. Lui qui croyait se rendre à un bal, ne sera pas le seul à mener la danse.&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://extravagances.blogspirit.com/media/00/02/2fde15bf9bf98cf551981d34b99efe5c.jpg&quot; alt=&quot;2fde15bf9bf98cf551981d34b99efe5c.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-98748&quot; /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; On rit, jaune parfois, on se laisse toucher par les escarmouches et l'on se laisse prendre par ce qui est représenté sur scène. Le spectateur ne peut demeurer passif tant la première pièce d'Eric-Emmanuel Schmitt regorge de joutes verbales et autres stichomythies enlevées. Bref, cette pièce nous interpelle, bouscule valeurs moralistes et idées préconçues tandis qu'elle pose les questions les plus audacieuses avec un cynisme résolument provocant. Si le public ne fait pas de catharsis, du moins voit-il les passions, qu'il s'efforce de museler,&amp;nbsp; se déchaîner : amour égoïste propre aux enfants, vengeance, trahison, jalousie, tout y est ! Chacun détient une part de vérité, nul n'a entièrement tort. Qui pourrait se vanter de ne s'être jamais trompé ? Don Juan lui-même, n'a pas su reconnaître l'amour véritable qui ne saute pas toujours aux yeux quand il prend une forme inattendue.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; La mise en scène de Régis Santon est magistrale de simplicité et d'efficacité. Le procès de Don Juan se tient à huit clos entre les murs étouffants du château de la duchesse de Vaubricourt. A n'en pas douter, l'auteur de la pièce n'aurait pas renié la scénographie, ni même &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.amazon.fr/vie-avec-Mozart-1CD-audio/dp/2226168206&quot; title=&quot;livre/CD sur Amazon: Ma vie avec Mozart...&quot;&gt;la musique&lt;/a&gt; accompagnant la perte de Don Juan ; car qui mieux que Mozart et son Requiem aurait pu illustrer la force de ce destin ?&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Quant aux acteurs, ils ont campé avec conviction des personnages pouvant paraître, à première vue, caricaturaux. Mais derrière les masques, restent égratignures et plaies loin d'être refermées.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le Don Juan d'Eric-Emmanuel Schmitt, tout en étant caustique, toujours aussi libre envers Dieu et les choses de l'amour, accepte son destin, et en cela, il est radicalement différent de celui de Molière qui toisait la statue du Commandeur, avec une effronterie presque puérile. Ici, Don Juan a gagné en sagesse et il lève enfin le voile sur le mystère de sa vie : qu'est-ce qui faisait courir Don Juan ? Fuyait-il ou cherchait-il quelque chose ? Vous aurez la réponse en lisant la pièce ou en allant voir &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.theatresilviamonfort.com/spectacle.php?artid=45&quot; title=&quot;Allez-y aujourd'hui: Dedicaces d'Eric-Emmanuel Schmitt !&quot;&gt;la représentation au théâtre Silvia Monfort&lt;/a&gt;, ce que je vous recommande.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Tout a une fin et le malheur des uns fait le bonheur des autres, et ce n'est pas Sganarelle qui démentirait, lui qui perçoit enfin ses gages !&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://unpeudetoutunpeudemoi.hautetfort.com/&quot; title=&quot;Ne visitez surtout pas le blog de l'auteur de cet article ! Vous risqueriez d'y rester...&quot;&gt;Ysé&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;_________________________________________&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;note :&amp;nbsp; Une &lt;strong&gt;stichomythie&lt;/strong&gt; est une partie de dialogue d'une pièce de théâtre versifiée où se succèdent de courtes répliques, de longueur à peu près égale, n'excédant pas un vers, produisant un effet de rapidité, qui contribue au rythme du dialogue.&lt;/p&gt;
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            <name>AdL</name>
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        <title>Haruki Murakami</title>
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        <updated>2007-11-20T20:00:00+01:00</updated>
        <published>2007-11-20T20:00:00+01:00</published>
        <summary>PuisJe fis une lecture étrange.     Sous le couvercle du monde marchaient...</summary>
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          PuisJe fis une lecture étrange.&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://lespetitescertitudes.blogspirit.com/media/02/02/c47769dd74d7ad9fbf22f1993b9f8771.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lespetitescertitudes.blogspirit.com/media/02/02/c47769dd74d7ad9fbf22f1993b9f8771.jpg&quot; id=&quot;media-88051&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;c47769dd74d7ad9fbf22f1993b9f8771.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;Sous le couvercle du monde marchaient encore seize enfants qui s’en allaient rejoindre Owanyama, la colline du bol-de-riz aux pentes escarpées mais cependant assez accessible : ils allaient comme souvent, se dispersant, cueillir les champignons éphémères et les légumes sauvages.C’était un peu après que le reflet d’une lumière se soit révélée au-dessus de leur marche sur quelque carlingue métallique que l'institutrice avait pris pour un B29 habituel.Si je vous donne le code d’accès au dossier (maintenant disponible au Bureau des archives nationales américaines de Washington) vous pourrez vérifier par vous-même : « -&lt;em&gt;Il devait être un peu plus de dix heures du matin. Très haut dans le ciel, on a vu un point argenté, à l’éclat vif. Ce point brillant se déplaçait lentement dans le ciel, d’est en ouest&lt;/em&gt;.(…) &lt;em&gt;Le ciel était bleu, sans un nuage, la luminosité éblouissante.&lt;/em&gt; »Un enfant mit cependant plus de temps que les autres à en émerger. Soixante ans plus tard une part de son ombre manquait encore tandis qu’il arpentait sous les baillements bienveillants des siamois les hautes herbes des terrains vagues de Tokyo à la recherche d’une écaille-de-tortue fugueuse.Il y eut aussi une siamoise gris perle :  &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=5nZb7YHzHy8&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;« - &lt;em&gt;Appelez-moi Mimi, comme dans La Bohème de Puccini…&lt;/em&gt; »&lt;/a&gt;Sous le couvercle du même monde des enfants faisaient l’école buissonnière pour se réfugier dans les bibliothèques qui ouvraient leur porte à 11h. Ils perdaient connaissance avant de pouvoir douloureusement s’extirper, de l’épaisseur aussi tranchante que le barbelé, des buissons dans lesquels ils se réveillaient. Ceux-là retrouvaient à peine leur reflet dans les miroirs. Il y avait comme &lt;em&gt;des cœurs de petits animaux torturés&lt;/em&gt;. Il y avait des filets de mémoire qu’on remontait mal. Des yeux qu’on fermait pour laisser couler le temps. Une Virginia Slim qu’on voyait s’allumer. Des impressions de déjà vu, de déjà joué. Des cloisons minces. Des nouilles instantanées. Des soleils couchant dans un ciel sans étoile. Et sur les mains, un sang qui n’était pas le nôtre.Tenter de vous dire tout ça, c’est encore comme se crier des choses &lt;em&gt;d’une rive à l’autre&lt;/em&gt;, des choses que le vent ne vient pas déposer là où il faut. A moins que ce soit mes mots à moi qui soient inappropriés. &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://lespetitescertitudes.blogspirit.com/media/00/02/933b7452354c6a3235846cf670b7ac94.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lespetitescertitudes.blogspirit.com/media/00/02/933b7452354c6a3235846cf670b7ac94.jpg&quot; id=&quot;media-87897&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;933b7452354c6a3235846cf670b7ac94.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;KAFKA SUR LE RIVAGEHaruki MurakamiBelfond, 2006 Extrait (p. 61) :&quot; - Bonjour, dit le vieil homme.Le chat leva la tête et lui rendit son salut à voix basse, d'un ton las. C'était un bon vieux gros matou noir.- Belle journée, non?-Hmm, dit le chat.- Pas un nuage!- Pour l'instant...- Le beau temps ne va pas durer?- Ça va se gâter dans la soirée, à mon avis, répondit le chat noir en étirant lentement une patte et en plissant les yeux en direction du vieil homme.Il regardait le chat en souriant.Ce dernier hésita un instant, sans raison apparente, puis se résigna à prendre la parole.- Hum, alors comme ça... vous savez parler, vous?- Oui, dit le vieil homme, un peu honteux.Puis, pour montrer son respect, il ôta son bonnet de montagne en coton tout élimé.- Je ne parle pas à tous les chats que je croise, reprit-il, seulement quand les circonstances s'y prêtent, comme maintenant.- Hum, fit l'animal, résumant ainsi succinctement ses impressions.- Ça ne vous dérange pas si je m'assieds un moment? Nakata est un peu fatigué de marcher.Le matou noir se redressa lentement, ses longues moustaches frémissantes, et bâilla à s'en décrocher la mâchoire.- Ça ne me dérange pas. Ou plutôt, ça ne me regarde pas. Vous pouvez bien vous assoir où ça vous chante. Personne ne vous dira rien.&quot;(...)&lt;/blockquote&gt;&lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=-uGN19ZRSjQ&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;- &lt;em&gt;Richard Galliano, Tangaria Quartet - Chat Pître&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://lespetitescertitudes.blogspirit.com/media/00/00/dfd7042788de21f158e753db51aa45a0.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lespetitescertitudes.blogspirit.com/media/00/00/dfd7042788de21f158e753db51aa45a0.jpg&quot; id=&quot;media-88050&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;dfd7042788de21f158e753db51aa45a0.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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            <name>Pierre Vallet</name>
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        <title>Les Presses de la Renaissance publient</title>
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        <updated>2007-11-06T06:00:00+01:00</updated>
        <published>2007-11-06T06:00:00+01:00</published>
        <summary> -  A l'ombre de tes ailes    &amp;nbsp;Dans son premier livre  Sacrifié , Steven...</summary>
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          &lt;p&gt;- &lt;strong&gt;A l'ombre de tes ailes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;Dans son premier livre &lt;em&gt;Sacrifié&lt;/em&gt;, Steven James Gunnell racontait comment, après avoir connu la gloire au sein du &lt;em&gt;Boys Band Alliage,&lt;/em&gt; il avait été confronté à la désillusion,à l'oubli, avant de faire la redécouverte du Christ. Avec &lt;em&gt;A l'ombre de tes ailes,&lt;/em&gt; il revient sur son cheminement spirituel après sa conversion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par la prière, la rencontre de prêtres, mais aussi de alïcs engagés, il redonne un sens à son baptême etapprend à vivre en chrétien. Il découvre la soif spirituelle de plusieurs personnes croisées ici et là célèbres ou anonymes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'auteur à travers ce témoignage, souhaite faire partager son expérience. Il dénonce les perversions de notre monde: goût du pouvoir, de l'argent, drogue et suicide. Il appelle le lecteur à se recentrer sur l'essentiel et montre pour cela lavoie qu'il asuivie,&amp;nbsp;celle de l'amour de Dieu, redécouverte dansles sacrements et la lecture de la Bible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;-Les raisons de ne pas craindre l'Islam&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Samir&amp;nbsp;Khalil Samir est né au Caire. Il est copte et jésuite, professeur à l'Institut Pontifical Oriental de Rome. Il enseigne à Beyrouth à l'Université Saint Joseph.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cet ouvrage répond aux questions les plus courantes dans l'opinion occidentale après l'attentat du 11septembre 2001. Il aborde les problèmes de fond auxquels les Musulmans sont confrontés : l'interprétation des textes sacrés, l'autorité, les droits de l'Homme, la question de la femme, la liberté religieuse, la violence, le rapport à la modernité et à l'Occident. Il examine la présence des Musulmans en Europe et en France et les perspectives d'une cohabitation entre chrétiens et musulmans. Ce livre est un instrument indispensable pour connaître et aller à la rencontre de ceux qui sont devenus nos &quot;voisins de palier&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Presses de la Renaissance : 12 avenue d'Italie-75627 Paris cedex 13 tél : 01 44 16 05 00&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Site Internet : &lt;a href=&quot;http://www.presses-renaissance.com/&quot;&gt;www.presses-renaissance.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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            <name>vagant</name>
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        <title>De la morale et de la liberté (2)</title>
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        <updated>2007-11-02T10:25:00+01:00</updated>
        <published>2007-11-02T10:25:00+01:00</published>
        <summary> &amp;nbsp;   Attention. Cette note cite une scène particulièrement violente qui...</summary>
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          &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: 'Times New Roman'&quot;&gt;&lt;font style=&quot;background-color: #ff0000&quot;&gt;&lt;strong&gt;Attention. Cette note cite une scène particulièrement violente qui risque de heurter votre sensibilité.&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-74968&quot; src=&quot;http://extravagances.blogspirit.com/media/01/02/b44cedbe440ef59775177a79d99a3a5c.jpg&quot; alt=&quot;b44cedbe440ef59775177a79d99a3a5c.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-74968&quot; /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; « &lt;em&gt;L’ouvrage n’étant pas massicoté, il est préférable, pour l’ouvrir, d’user d’un instrument plutôt que de son doigt.&lt;/em&gt; » Vendu sous blister avec cet avertissement collé sur sa couverture,&amp;nbsp;&lt;em&gt;Un roman sentimental&lt;/em&gt;&amp;nbsp;est une magnifique opération commerciale. Pensez donc : Alain Robbe-Grillet, académicien de 85 ans, laisse à la postérité un sulfureux roman érotique ! Erotique, vraiment ? Si aucun avatar mercantile n’est épargné au lecteur pour aiguillonner son excitation, qu’en reste-t-il après avoir eu le supposé plaisir de démassicoter ce livre ? Voici une des premières scènes qui compose ce fameux roman et qui vous permettra d’apprécier son style si délicat…&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;div style=&quot;padding-right: 8px; padding-left: 8px; padding-bottom: 1px; color: #000000; padding-top: 1px; background-color: #f0f0f0&quot; id=&quot;gris&quot;&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;em&gt;5&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;em&gt;Vers le mur du fond, celui sur lequel mes yeux alanguis errent avec le plus de facilité, je distingue, en premier plan d’un dessin dont l’évidence se confirme rapidement, perspective forestière aux troncs verticaux et rectilignes, une sorte de bassin d’eau si claire qu’elle en devient presque immatérielle, élargissement oblong d’une source limpide, aussi profond qu’une baignoire ou même davantage, entre des roches grises aux formes arrondies, douces au toucher, accueillantes. Une jeune fille est assise là, sur la pierre polie par l’usure qui représente pour elle une banquette idéale au ras de l’eau, où ses longues jambes remuent avec abandon dans les remous aux reflets bleus de l’aimable nymphée, naturelle autant que pittoresque, dont la température doit être identique à celle de l’air ambiant, ainsi que des charmes féminins eux-mêmes qui ondulent, déjà liquides, au dessus du miroir mouvant aux frémissements imprévus.&lt;br /&gt; .&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; C’est après que ça se gâte. Invité chez Taddeï le 24 Octobre dernier pour la présentation de son roman, Alain Robbe-Grillet nous apprend qu’il y raconte les pérégrinations sexuelles de petites filles supplicées à mort dans un français irréprochable, avec un luxe de détails Flaubertien mais aussi la distanciation nécessaire et assez d’invraisemblances pour créer une atmosphère onirique, fantasmagorique, théâtrale qui situerait son roman dans le cadre de la &lt;em&gt;catharsis&lt;/em&gt;. Voici quelques extraits de &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://10.upload.dailymotion.com/video/x3b0rb_france-3-24-octobre-2007-extrait_news&quot; title=&quot;La video...&quot;&gt;cette interview&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;FT &lt;em&gt;: Pensez-vous qu’on était plus tolérant à l’époque&lt;/em&gt; [ en 1974 ]&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;ARG &lt;em&gt;: Oui car de plus en plus &lt;strong&gt;on confond le fantasme et la réalisation du fantasme. Or c’est exactement le contraire. Quelqu’un qui écrit, en général, est quelqu’un qui se soigne lui-même, qui soigne sa perversion en l’écrivant&lt;/strong&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;FT &lt;em&gt;: C’est l’impression que vous avez, vous ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;ARG &lt;em&gt;: Je ne sais pas mais… &lt;strong&gt;j’ai Aristote avec moi pour défendre cette thèse, dite de la catharsis&lt;/strong&gt;. Et néanmoins, il y a quand même à l’heure actuelle un envahissement par le bien pensé. C'est-à-dire que ce soit politiquement correct, sexuellement correct, littérairement correct, racialement correct, etc… Il semble maintenant que quand on écrit quelque chose d’incorrect, c’est comme si on le commettait. C’est une méconnaissance totale de ce que c’est que l’écriture.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;[…]&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;FT&lt;em&gt;: Là vous faites monter, monter les fantasmes, et à partir du moment où il y a des enfants ça devient très différent. Vous vous attendez à quoi ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;ARG &lt;em&gt;: Comme on le disait tout à l’heure, &lt;strong&gt;ce sont des écrits intimes, que j’écrivais pour moi&lt;/strong&gt;, et celui là qui est rédigé avec un très grand soin, qui est quand même fait &lt;strong&gt;selon le même souci de représenter ce que j’ai dans la tête, un souci autobiographique pour ainsi dire, et il est évident que depuis que j’ai douze ans, j’ai toujours aimé les petites filles&lt;/strong&gt;, c'est-à-dire que je pense qu’il y a des quantités de gens qui sont dans la même situation. L’amour pour les jeunes, les petits garçons pour les homosexuels et les petites filles pour les hétéros, c’est quelque chose d’extrêmement répandu, mais qui se domine très facilement, qui ne se réalise pas quoi ! Mais le penser ne fait de mal à personne.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;[Reportage présentant les associations de défense de l’enfance qui s’étaient insurgées lors de la parution du livre &lt;em&gt;rose bonbon&lt;/em&gt;, parce qu’il véhiculait l’idée que les enfants victimes des crimes pédophiles sont consentants.]&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;ARG &lt;em&gt;: Ces gens qui se plaignent sont des pervers, visiblement !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;FT &lt;em&gt;: Pourquoi ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;ARG &lt;em&gt;: Ils ont lu ça, et ils ont tout de suite gommé le fait que c’est un écrit littéraire, et ils ont réalisé le fantasme eux même dans leur tête ! À ce moment là ils se sont gendarmés contre qui ? Contre eux même ! Ces gens devraient être tous en prison ! Parce que c’est eux qui ont effectué la réalisation dans leurs cerveaux malades !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;[…]&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;ARG &lt;em&gt;: Puisque je parlais d’Aristote tout à l’heure, il a bien précisé dans la poétique que &lt;strong&gt;l’effet de catharsis ne jouait que selon certaines règles de distanciation par rapport au sujet&lt;/strong&gt;. C'est-à-dire que si le fantasme est raconté de façon trop… Il ne parlait pas de fantasmes sexuels, Aristote, mais si l’idée est racontée avec trop de passion sensuelle alors, à ce moment là, on risque de provoquer ce que qu’Aristote appelle la mimésis, c'est-à-dire que le lecteur a tendance à vouloir réaliser lui-même ce qu’il est en train de lire. Alors que au contraire, avec cet effet Brechtien de distanciation, c’est l’effet inverse : la catharsis, c'est-à-dire que &lt;strong&gt;le lecteur va être purgé de ses passions, grâce à mon livre !&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Voici les passions en question…&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;div style=&quot;padding-right: 8px; padding-left: 8px; padding-bottom: 1px; color: #000000; padding-top: 1px; background-color: #f0f0f0&quot; id=&quot;gris&quot;&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;em&gt;229&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;em&gt;Quant aux trois plus jeunes des petites filles, Crevette, Nuisette et Lorette, qui ont sept, huit et neuf ans, elles se sont beaucoup amusées pendant leur service. Ramenées à leur dortoir J1, elles en parlent ensemble avec émerveillement. On leur a permis de goûter à toutes les liqueurs qu’elles devaient servir à genoux. Elles ont sucé des messieurs vigoureux et de jeunes dames parfumées. On les a caressées, embrassées, léchées. On a bourré des crèmes excitantes dans leurs orifices trop enfantins, avant de les branler de façon très douce. Elles ont admiré une adolescente qui flambait comme une torche. Elles ont vu couler le sperme et le sang, mais aussi les pleurs des collégiennes que l’on torturait. Vers la fin de la nuit, elles sont descendues dans les caves pour assister au supplice d’une servante de treize ans (vendue par sa famille) qui s’était enivrée. Après l’avoir violée de toutes les façons, des messieurs ont procédé à son écartèlement sur une machine spéciale, pendant qu’ils lui enfonçaient des aiguilles à travers tout le corps, dont les quatre membres se sont désarticulés peu à peu. Pour finir, on lui a arraché complètement l’une des cuisses, en tirant la jambe par le pied, et on l’a laissée se tordre dans un flot de sang pour mourir comme ça sans secours. Oui, c’était vraiment formidable.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; J’ai choisi cette scène parce qu’elle est assez représentative de l’ensemble de « l’ouvrage » et assez courte pour être citée. Je vous laisse imaginer les 200 scènes intermédiaires où Robbe-Grillet raconte avec bien plus de détails les démembrements dont il semble si friand. Vous trouvez ça érotique, vous ? Si la catharsis a pour objet de purger le lecteur de pulsions communes, voire même fondamentales dans la construction du psychisme de chacun mais néanmoins réprimées par la loi ou la morale, comme l’interdit de l’inceste mis en scène&amp;nbsp; - et puni – dans &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.amazon.fr/Oedipe-roi-Mythe-dOedipe-Sophocle/dp/2070414973&quot; title=&quot;Oedipe Roi sur Amazon...&quot;&gt;Oedipe Roi de Sophocle&lt;/a&gt; , qu’en est-il des pulsions criminelles d’Alain Robbe-Grillet ? La majorité de l’humanité partage-t-elle, à l’instar de cet auteur, le fantasme de découper un nouveau né au hachoir sous les yeux de sa mère elle-même torturée à mort ? Qui pourrait donc avoir besoin de lire un tel livre – si tant est que la supposée catharsis soit plus efficace que celle mise en scène dans &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.amazon.fr/Orange-m%C3%A9canique-Anthony-Burgess/dp/226606231X&quot; title=&quot;L'orange mecanique sur Amazon...&quot;&gt;L’orange mécanique&lt;/a&gt; ? De surcroît, Sophocle ne décrit pas les égarements d’Oedipe dans ses détails charnels avec la complaisance de Robbe-Grillet à l’égard de ses bourreaux d’enfants. Chez Sophocle, la mise à distance n’est pas qu’une vague atmosphère onirique : c’est une véritable tragédie qui donne du sens à la pulsion libidinale, qui la « corticalise » en l’inscrivant dans un mythe fondateur.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp; En vérité, le supposé effet cathartique de &lt;em&gt;Un roman sentimental&lt;/em&gt; n’est qu’un misérable cache misère philosophique pour permettre la publication d’abominations qui n’auraient jamais dû franchir les portes d'un cabinet psychiatrique. Il ne s’agit pas de l’éventuelle purge du lecteur mais de celle bien réelle de l’auteur. &lt;strong&gt;Que les boyaux de son cortex incontinent défèquent des fantasmes abjects sur un bout de papier, soit. Qu’il les dore au subjonctif, pourquoi pas : c’est bien la moindre des choses de la part d’un académicien. Mais qu’il nous les donne à lire donne envie de vomir. Robbe-Grillet est comme un vieillard sénile qui exhibe son pot de chambre après une nuit de fièvre diarrhéique.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Voilà sa place :&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-75251&quot; src=&quot;http://extravagances.blogspirit.com/media/02/00/faf3a27250f2171247b3d63efbe3ece7.jpg&quot; alt=&quot;faf3a27250f2171247b3d63efbe3ece7.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-75251&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Mais ne tirons pas la chasse trop vite !&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Primo,&amp;nbsp;il ne faudrait pas &amp;nbsp;jeter l’anathème contre toute sorte de libertinage comme le fait &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://stalker.hautetfort.com/archive/2007/10/28/transgression-totems-et-tabous-dans-un-monde-poreux-par-thie.html&quot; title=&quot;La critique de Thierry Giaccardi...&quot;&gt;Thierry Giaccardi chez&amp;nbsp; Stalker&lt;/a&gt;, et je ne m’associerai certainement pas à ceux qui militent pour le retour du puritanisme. Je regrette d’ailleurs que l’adjectif « libertin » soit associé aux noms de Sade et de Robbe-Grillet, et je ne suis pas le premier à le faire. En 1798, Restif de la Bretonne, libertin s’il en est, publia &lt;em&gt;Anti-Justine&lt;/em&gt; avec pour préface : « &lt;em&gt;Personne n'a été plus indigné que moi des sales ouvrages de l'infâme de Sade [….] Ce scélérat ne présente les délices de l'amour qu'accompagnées de tourments, de la mort même pour les femmes. Mon but est de faire un livre plus savoureux que les siens et que les épouses pourront faire lire à leurs maris, pour en être mieux servies ; un livre où les sens parleront au cœur ; où le libertinage n’ait rien de cruel pour le sexe des grâces, et lui rende plutôt la vie, que de lui causer la mort ; où l’amour ramené à la nature, exempt de scrupules et de préjugés, ne présente que des images riantes et voluptueuses. On adorera les femmes en le lisant ; on les chérira en les enconnant : mais l’on en abhorrera davantage le vivodisséqueur […]&lt;/em&gt; »&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Secundo,&amp;nbsp;&lt;em&gt;Un roman sentimental&lt;/em&gt;&amp;nbsp;a tout de même une vertu, celle de remettre la question de la morale sexuelle au goût du jour. Honnêtement, Robbe-Grillet n’a rien inventé &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://passouline.blog.lemonde.fr/2007/10/15/robbe-grille/&quot; title=&quot;La critique de Pierre Assouline&quot;&gt;comme le souligne Pierre Assouline&lt;/a&gt; : il n’a fait qu’écrire une nouvelle version de &lt;em&gt;Justine&lt;/em&gt;, et il va moins loin que Pasolini et son insoutenable&amp;nbsp;&lt;em&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.amazon.fr/Salo-120-jours-Sodome-Collector/dp/B00006BSNZ&quot; title=&quot;Le film sur Amazon...&quot;&gt;Salo , ou les 120 jours de Sodome&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; qui avait osé mettre en images de semblables abominations – avec au moins l’intention (ou le faux prétexte ?) de les dénoncer en les attribuant au fascisme. C’est sans doute au niveau de l’image que devrait se situer aujourd’hui le débat.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Dans un monde où on dispose des moyens techniques pour créer des images de toutes sortes, où la réalité virtuelle permet même d’envisager une seconde vie, rien n’empêche de mettre à la disposition du public &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.ecrans.fr/Les-fakirs-enfoncent-le-clou-du.html&quot; title=&quot;Quelques reflexions a ce sujet...&quot;&gt;des logiciels&lt;/a&gt; permettant de réaliser des images &lt;em&gt;pédocriminelles&lt;/em&gt; plus vraies que nature. Alors que le fait de détenir des images « pédophiles » est sévèrement puni par la loi, on pourrait gagner « honnêtement » de l’argent en vendant des logiciels permettant de produire des images pédophiles virtuelles réalistes ? La frontière entre la légalité et le crime ne se jouerait alors qu’à quelques pixels près, ou bien il serait &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.droit-technologie.org/actuality-538/la-cour-supreme-prend-la-defense-de-la-pedophilie-virtuelle-une-cr.html&quot; title=&quot;La legislation aux US&quot;&gt;interdit de représenter graphiquement&lt;/a&gt;&amp;nbsp;des scènes décrites avec tous les détails nauséeux (in)imaginables ? On retrouve curieusement le paradoxe de Robbe-Grillet qui veut enfermer ceux qui imaginent la mise en scène de ce qu’il écrit, et on peut légitimement se demander si l’arsenal législatif est vraiment adapté à ce type de question.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.amazon.fr/tyrannie-du-plaisir-Jean-Claude-Guillebaud/dp/2020380846&quot; title=&quot;Le livre sur Amazon...&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-74967&quot; src=&quot;http://extravagances.blogspirit.com/media/00/02/96b83235684f690a8e6e8e55aca7fc0b.jpg&quot; alt=&quot;96b83235684f690a8e6e8e55aca7fc0b.jpg&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0px 1.4em 0.7em; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-74967&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; La question de la morale sexuelle, toujours d’actualité, est épineuse mais remarquablement traitée par Jean-Claude Guillebaud dans un de ses essais,&amp;nbsp;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.amazon.fr/tyrannie-du-plaisir-Jean-Claude-Guillebaud/dp/2020380846&quot; title=&quot;La tyrannie du Plaisir sur Amazon...&quot;&gt;La tyrannie du plaisir&lt;/a&gt;&amp;nbsp;: N’y aurait-il donc pas d’autres choix possibles qu’entre permissivité claironnante ou moralisme nostalgique ?&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Dans une tentative de remise à plat, Jean-claude Guillebaud prend d’abord un recul historique qui permet de tordre le cou à bien des idées préconçues dont la liberté sexuelle de l’antiquité, l’austérité du moyen âge ou celle du Christianisme, pour nous rappeler la répétition de l’histoire à laquelle nous croyons avoir échappé du haut de notre courte vue.&amp;nbsp; Il convie au débat historiens, philosophes, sexologues et sociologues pour aborder le sujet sous tous ses aspects, dont l’individualisme à outrance qui appauvrit l’échange qui devrait résulter du rapport sexuel où chacun des acteurs instrumentalise l’autre afin de parvenir à l’autosatisfaction motivée par l’acte en tant que fonction, et non plus en tant que moyen de communication privilégié : &lt;em&gt;Le plaisir devient pure affaire anatomique, marchande et sportive (en attendant d’être cybernétique !) Il est prestation, rassasiement ou performance&lt;/em&gt;&quot;.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Face à la complexité de ces questions, Jean-Claude Guillebaud examine la démission de la société qui relègue les questions de société aux experts médicaux impuissants et aux juristes partagés entre deux logiques contradictoires de l’individualisme contemporain, celle de la revendication infinie de droits et celle de la demande de protection…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;div style=&quot;padding-right: 8px; padding-left: 8px; padding-bottom: 1px; color: #000000; padding-top: 1px; background-color: #f0f0f0&quot; id=&quot;gris&quot;&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Comment ne serait-on pas troublés, dès qu’on se ressouvient du passé, par cette singulière situation ?&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Vers le milieu des années 60, nous avions congédié le prêtre, le moraliste, le politique en charge du bien commun. Nous nous sentions la capacité - historiquement sans précédent - d’accorder à l’individu une primauté définitive sur le groupe. Nous pensions être investis du pouvoir de récuser ces prudences immémoriales, concessions aux contraintes, ruses collectives infinies et transactions de toutes sortes par lesquelles les sociétés humaines conjuguaient tant bien que mal l’aspiration au plaisir et l’impératif communautaire.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Voilà trente-cinq ans, nous fûmes, en matière de sexualité, plus intrépidement constructivistes qu’aucune société ne l’avait jamais été avant nous. L’apothéose de l’individu, son émancipation parachevée figuraient les vraies conquêtes de la modernité occidentale. Nous étions désormais assez riches, assez savants, assez raisonnables pour rejeter les superstitions du passé. Et assez libres, enfin, pour en dénoncer les tyrannies intimes.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp; La raison ne disqualifiait-elle pas la religion ? La démocratie ne rendait-elle pas inopérante la perpétuation politique des contraintes ? La connaissance ne nous assurait-elle pas la maîtrise des anciennes fatalités de l’espèce ? La science ne nous livrait-elle pas les clés de la procréation elle-même ? La certitude du progrès ne nous dispensait-elle pas de cette fidélité peureuse aux traditions ? La foi en l’universel, enfin, ne nous autorisait-elle pas à toiser le « pathos spécifique » des cultures humaines comme s’il s’agissait d’aimables folklores, avec leurs tabous et leurs précautions holistes ? Ce droit au plaisir, nous nous l’accordions comme une extraordinaire récompense historique. Il l’était en effet. On aurait bien tort de sourire rétrospectivement de cet optimisme.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Si l’on est troublé, aujourd’hui, c’est en voyant ce projet grandiose se heurter finalement aux mêmes obstacles, aux mêmes contradictions, aux mêmes risques mortels, surtout, que toutes les utopies qui l’avaient précédé. Le &quot; climat &quot; du moment, ces périls qui affleurent et ces peurs qui rôdent nous renvoient, au détail près, à des situations déjà vécues dans l’Histoire.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Cette violence polymorphe qu’à tort ou à raison nous sentons autour de nous, ce vertige sécuritaire qui nous empoigne au point de nous pousser à la panique juridique, ce sont précisément - on l’a vu dans les chapitres qui précèdent - ce que s’entêtèrent à conjurer les sociétés du passé. Il faudra nous résoudre à admettre que ces cultures traditionnelles, dont nous voulions orgueilleusement nous démarquer, n’avaient pas si mal compris l’intrication indissociable entre la sexualité et la violence.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;br /&gt; J.C. Guillebaud : La tyrannie du plaisir, p. 379-381&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Aujourd’hui, l’appareil judiciaire et les dispositifs pénaux nous tiennent lieu de directeur de conscience. Je crois que &lt;em&gt;Un roman sentimental&lt;/em&gt; n’est qu’une grotesque provocation à leur endroit : je soupçonne que Robbe-Grillet a pour dernière ambition de se faire censurer afin de siéger aux côtés d’un Sade au panthéon des célébrités sulfureuses, lui qui a toujours méprisé « l’immortalité » bien pensante de l’académie Française. Ce vieillard n’a plus grand-chose à perdre. Nous, nous risquons de perdre encore un peu de liberté d’expression à cause de nouvelles législations réactionnaires qui pourraient être appliquées à tort et à travers. Le mieux que nous puissions faire est bien de laisser &lt;em&gt;Un roman sentimental&lt;/em&gt; partir au pilon et de s'en convaincre en lisant &lt;em&gt;La tyrannie du plaisir&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
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        <title>De la morale et de la liberté (1)</title>
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        <updated>2007-11-01T07:05:00+01:00</updated>
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          &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;MME THERBOUCHE. Ne vous compromettez pas. N’écrivez pas sur la morale. Tout le monde attend de vous que vous affirmiez le règne de la liberté, que vous nous libériez de la tutelle des prêtres, des censeurs, des puissants, on attend de vous des lumières, pas des dogmes. Surtout, n’écrivez pas sur la morale.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;DIDEROT. Mais si, il le faut.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;MME THERBOUCHE. Non, s’il vous plaît. Au nom de la liberté.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;DIDEROT. C’est que je ne sais pas si j’y crois, moi, à la liberté ! Je me demande si nous ne sommes pas simplement des automates réglés par la nature. Regardez tout à l’heure : je croyais venir ici me livrer à une séance de peinture, mais je suis un homme, vous êtes une femme, la nudité s’en est mêlée, et voilà que nos mécanismes ont eu un irrésistible besoin de se joindre.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;MME THERBOUCHE. Ainsi, vous prétendez que tout serait mécanique entre nous ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;DIDEROT. En quelque sorte. Suis-je libre ? Mon orgueil répond oui mais ce que j’appelle volonté, n’est-ce pas simplement le dernier de mes désirs ? Et ce désir, d’où vient-il ? De ma machine, de la vôtre, de la situation créée par la présence trop rapprochée de nos deux machines. Je ne suis donc pas libre.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;MME THERBOUCHE. C’est vrai.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;DIDEROT. Donc je ne suis pas moral.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;MME THERBOUCHE. C’est encore plus vrai.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;DIDEROT. Car pour être moral, il faudrait être libre, oui, il faudrait pouvoir choisir, décider de faire ceci plutôt que cela… La responsabilité suppose que l’on aurait pu faire autrement. Va-t-on reprocher à une tuile de tomber ? Va-t-on estimer l’eau coupable du verglas ? Bref, je ne peux être que moi. Et, en étant moi et seulement moi, puis-je faire autrement que moi ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;MME THERBOUCHE.&amp;nbsp; Que la plupart des hommes soient ainsi, je vous l’accorde. Vous êtes persuadés de vous gouverner par le cerveau alors que c’est votre queue qui vous mène. Mais nous, les femmes, nous sommes beaucoup plus complexes, raffinées.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;DIDEROT. Je parle des hommes et des femmes.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;MME THERBOUCHE.&amp;nbsp; Ce n’est pas possible.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;DIDEROT. Mais si.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;MME THERBOUCHE.&amp;nbsp; Vous ne connaissez rien aux femmes.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;DIDEROT. Vous êtes des animaux comme les autres. Un peu plus charmants que les autres, je vous l’accorde, mais animaux quand même.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;MME THERBOUCHE. Quelle sottise ! Savez-vous seulement ce qu’une femme éprouve pendant l’amour ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;DIDEROT. Oui. Euh… non. Mais qu’importe ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;MME THERBOUCHE. Savez-vous ce qu’une femme ressent lorsqu’elle s’approche d’un homme ? Ainsi, par exemple, moi, en ce moment, qu’est-ce que je peux sentir ? Oui, et si moi, en ce moment, je feignais…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;DIDEROT. Pardon ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;MME THERBOUCHE. Si je n’avais pas de désir pour vous ? Si je mimais la tentation ? Si je tombais dans vos bras avec tout autre intention que celle que vous imaginez ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;DIDEROT. Et laquelle, s’il vous plaît ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;MME THERBOUCHE. Hypothèse d’école, nous discutons. Supposons que je n’aie pas de désir pour vous mais que j’essaie simplement d’obtenir quelque chose de vous.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;DIDEROT. Et quoi donc ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;MME THERBOUCHE. Hypothèse, vous dis-je. Imaginez que je sois perverse. Il faut bien être libre pour se montrer pervers. Le vice ne serait-il pas la démonstration de notre liberté ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;DIDEROT. Non, car vous seriez une machine perverse, naturellement, physiologiquement perverse, mais une machine.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;MME THERBOUCHE. Passionnant. Et tellement judicieux.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;DIDEROT. Bref, votre objection ne change absolument rien à ma théorie. S’il n’y a point de liberté, il n’y a point d’action qui mérite la louange ou le blâme. Il n’y a ni vice ni vertu, rien dont il faille récompenser ou punir.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;MME THERBOUCHE. Bravo ! Mais alors, comment édifier une morale ? Je me demande bien ce que vous allez pouvoir écrire.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;_____________________________________&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.amazon.fr/Libertin-Eric-Emmanuel-Schmitt/dp/2226089292&quot; title=&quot;Le livre sur Amazon...&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-73724&quot; src=&quot;http://extravagances.blogspirit.com/media/00/01/deb3e19783cdde4299b14de18c415473.jpg&quot; alt=&quot;deb3e19783cdde4299b14de18c415473.jpg&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0px 1.4em 0.7em; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-73724&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Cette note clôt ma série sur Diderot selon Eric Emmanuel Schmitt dans « &lt;a href=&quot;http://extravagances.blogspirit.com/tag/Le+libertin&quot; title=&quot;toute la serie...&quot;&gt;Le libertin&lt;/a&gt; », et introduit la question de la morale sexuelle. C’est un sujet qui m’a longtemps travaillé, et qui est même au cœur de mon existence puisqu’il stigmatise mon pêché « mignon » : la luxure ! Je l’avais esquissé &lt;a href=&quot;http://extravagances.blogspirit.com/archive/2007/02/06/comment-je-suis-devenu-pedophile.html&quot; title=&quot;Comment je suis devenu pedophile...&quot;&gt;avec une note humoristique&lt;/a&gt; il y a près d’un an, mais il me va bien falloir l’aborder de front d’autant plus que l’actualité littéraire s’y prête merveilleusement bien !&lt;/p&gt;
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        <title>De la débauche et de la volupté</title>
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        <summary> Moi : la Débauche / Elle : la Volupté   Devinez qui a gagné ?  La volupté...</summary>
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          &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Moi : la Débauche / Elle : la Volupté&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Devinez qui a gagné ? &lt;a href=&quot;http://unpeudetoutunpeudemoi.hautetfort.com/archive/2007/10/22/de-la-debauche-et-de-la-volupte.html&quot; title=&quot;Note commune chez Yse...&quot;&gt;La volupté bien sûr !&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>Du mariage et de la postérité</title>
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          &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Ami lecteur, je vous propose de poursuivre la réflexion entamée dans &lt;a href=&quot;http://extravagances.blogspirit.com/archive/2007/10/20/du-mariage-et-du-libertinage-1.html&quot;&gt;ma précédente note à propos de la pièce d’Eric Emmanuel Schmitt : « Le libertin ».&lt;/a&gt; Résumons la situation : dans le pavillon de chasse du baron d’Holbach, Diderot pose à demi-nu pour Mme Therbouche tout en marivaudant quand son secrétaire interrompt leurs jeux amoureux pour lui demander d’écrire au plus vite l’article sur la morale de l’Encyclopédie. Après avoir défendu ardemment la liberté individuelle auprès de son épouse dans &lt;a href=&quot;http://extravagances.blogspirit.com/archive/2007/10/20/du-mariage-et-du-libertinage-1.html&quot;&gt;la scène 8&lt;/a&gt;, Diderot change de discours dans la scène 13 avec sa fille qui lui annonce vouloir un enfant hors mariage et l’élever seule…&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-68281&quot; src=&quot;http://extravagances.blogspirit.com/media/02/02/ee5ef7c9ac480681d17f0954c4319d42.jpg&quot; alt=&quot;ee5ef7c9ac480681d17f0954c4319d42.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-68281&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; DIDEROT. « Moi » ! « Je » ! Cesse de te mettre au début, au centre et à la fin de tes phrases. Cet enfant doit avoir une famille, même si tu ne veux pas encore en fonder une. &lt;strong&gt;L’intérêt de l’espèce doit l’emporter sur celui de l’individu&lt;/strong&gt;. Oublie pour un moment le point que tu occupes dans l’espace et dans la durée, étends ta vue sur les siècles à venir, les régions les plus éloignées et les peuples à naître, songe à notre espèce. Si nos prédécesseurs n’avaient rien fait pour nous, et si nous ne faisions rien pour nos neveux, ce serait presque en vain que la nature eût voulu que l’homme fût perfectible. Après moi, le déluge ! C’est un proverbe qui n’a été fait que par des âmes petites, mesquines et personnelles. La nation la plus vile et la plus méprisable serait celle où chacun le prendrait étroitement pour la règle de sa conduite. « Moi, moi » ! L’individu passe mais l’espèce n’a point de fin. Voilà ce qui justifie le sacrifice, voilà ce qui justifie l’homme qui se consume, voilà ce qui justifie l’holocauste du moi immolé sur les autels de la postérité.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;[…]&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;MME THERBOUCHE. Dites-moi, étiez-vous sincère, là, à l’instant avec votre fille ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;DIDEROT. Oui. D’ailleurs, je le note immédiatement. L’Encyclopédie se doit d’aider les pères.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;MME THERBOUCHE. C’est étonnant. Comment pouvez-vous à la fois &lt;a href=&quot;http://extravagances.blogspirit.com/archive/2007/10/20/du-mariage-et-du-libertinage-1.html&quot;&gt;défendre le plaisir individuel&lt;/a&gt; et dire que l’individu doit renoncer au plaisir pour le bien de l’espèce ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;DIDEROT. C’est une contradiction ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;MME THERBOUCHE. Ça y ressemble.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;DIDEROT. Et pourquoi une morale ne serait-elle pas contradictoire ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;MME THERBOUCHE. Parce que, dans ce cas-là, ça ne fait pas une morale mais deux.&amp;nbsp; La morale de l’individu, la morale de l’espèce. Et elles n’ont rien à voir l’une avec l’autre.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;DIDEROT. C’est ennuyeux…&lt;br /&gt; &lt;em&gt;Il regarde ses feuillets et se met à barrer ce qu’il vient d’écrire avec un soupir.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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